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David Bivas feat. Snoop Dogg fail, figurines Twitter, Madame Kévin (YWE #9)

Je suis tombé du lit ce matin, du coup je me suis dit — juste après avoir crié « Aïe » — que ça serait sympa de se refaire un petit Yes Week-end. Juste comme ça, pour voir ce que ça fait, entre une bouchée de croissant et la lecture de Voici (ou du Parisien, on est pas sectaires).

Moquerie du web. Vous le savez si vous lisez souvent les YWE, le web est le terrain privilégié de la langue de pute 2.0. Je ne sais pas combien de sites, blogs et tumblr je vous ai offerts qui faisaient dans la moquerie. L’autre jour, on a causé de moustaches et de seins mais de manière comique, même que certaines ont pas compris que c’était que de l’humour tout cet enrobage scientifique. Moralité : quand ça devient pseudo-sérieux sur Überparisians, on a l’impression d’être dans un bar PMU de la banlieue désindustrialisée de Maubeuge.

Aujourd’hui, j’ai deux moqueries pour vous. La première m’a été gracieusement offerte par Marion, et elle rit des catastrophes bronzatoires. Y’a de la jolie collection de teints carotte, sous le patronage de Valentino. En ces temps de fêtes de fin d’année, j’espère que ça vous découragera d’aller rôtir au soleil à Saint-Barth.

La seconde est un peu plus « rhooooo ». Vous vous souvenez de ce jeune homme il y a une semaine qui réalisait un four interplanétaire au Petit Journal ?

Eh bien, figure-toi que malheureusement pour lui, Internet se déchaîne contre ce pauvre David Bivas. Ah oui, car on a retrouvé son nom, et certains facétieux lui dédient de nombreux remix, des groupes Facebook, des Fan page à sa gloire, jusqu’à une page wikipedia, et l’on peut même créer son propre remix. Il va lui falloir du temps pour vaincre l’ogre Google…

Cadeau. Si vous ne savez toujours pas quoi offrir à votre petit neveu ou votre petite nièce pour Noël, essayez les figurines Twitter. Bientôt la Barbie Twitter, celle qui ne raconte que ses manucures et qui RT sans rien comprendre ?

Anniversaire. J’espère que vous avez bien compris que jeudi, c’était l’anniversaire de Madame Kévin et que, pour l’occasion, Izzie et quelques blogueuses lui ont souhaité son bloganniversaire. Donc, encore une fois, joyeux cinquantenaire à Madame Kévin ! (âge forfaitaire attribué en absence de précisions)

pagerule

Les autres YWE :

#8 — Petites annonces, subprimes, dico pour enfants, mug de pute
#7 — Antiduckface, concert U2, humour geek
#6 — Trussardi et geek pervers
#5 — Cuisine créative et Surpat’
#4 — Danette : Mission Barquette
#3 — Twitter, Gros cul, Géopolitique
#2 — Désirs d’endive, The Marshmallow Experience
#1 — Little Marcel, Humbug, 09.09.09…

Melon blogosphérique et new modesty

C’est pas le tout de jouer les snobs à la ville, il faut aussi savoir l’être derrière l’écran.

Depuis que les machins sociaux ont essaimé partout dans les journaux, jusqu’aux magazines féminins qui donnent chaque semaine l’impression d’être la poule qui est tombée sur un ver et qui caquète à qui veut l’entendre sa trouvaille (typiquement Elle), tu ne peux plus passer une journée sans en entendre parler.

Seulement, le travers des réseaux sociaux, c’est le mode gros melon que tu développes systématiquement. Ah ça, sur Twitter, y’en a qui sont champions pour nous donner de l’opé par-ci, de la VP par-là, pour transformer leur timeline en Voici version me, myself and I. Mais le phénomène n’est pas propre à Twitter, et si vous remarquez bien vos amis Facebook, il y en a toujours au moins un dont la vie doit être tellement hype vu l’activité de ses statuts : on se demande comment il fait pour être à Miami la veille et à Osaka le lendemain, mais bon.

La vantardise, c’est l’ornement chic de ceux qui s’imaginent qu’il est indispensable. On s’excuse, mais l’élégance, la distinction, elle passe avant tout par la new modesty (love you Karl), et le tuning, c’est toujours hideux, que ce soit sur Twitter, sur sa voiture, ou sur son look (sauf si vous voulez ressembler à une vamp).

En cinq points, comment appliquer la new modesty sur les réseaux sociaux :

1) Un gramme de chic n’égaye jamais un kilo de banalité. Vous connaissez la règle du caviar et de la boue. Surjouer le côté hype de sa vie est un jeu risqué. Quel intérêt de se prendre en photo avec des fringues équivalent au PIB du Nicaragua si vous habitez dans un 13m² avec un lit en mezzanine pour gagner de la place ? Pourquoi narrer la flopée d’opé auxquelles vous assistez grâce à votre blog, vos lunches-to-be avec les barons de la blogosphère si vous êtes présentement chômeur ? La tendance est un mode de vie et de consommation, pas un badge accroché au chandail.

2) Le web est une agora, pas une cour. A voir certains blogs et certains comptes Twitter, le contenu est désespérément vide, bloqué sur courant alternatif : un compte-rendu d’opé, une invitation VP, et de temps en temps un message d’excuse en forme de listes de courses pour se dédouaner d’être peu présent. « Mais que voulez-vous, j’ai fait tant de choses intéressantes ». Un peu de modestie impose de ne pas s’abaisser à solliciter les compliments flatteurs de ses lecteurs-adulateurs, mais de se remettre en question à chaque billet.

3) Démarque-toi ou passe ton tour. On ne va pas refaire le débat. Sur Internet, il y a les passeurs d’info, et ceux qui tentent modestement de produire de la valeur ajoutée. Ici, une règle : il n’y a pas de sujets du moment dont il faut parler, seulement des sujets du moment dont il faut parler et sur lesquels on a quelque chose à dire.

4) Show few, attend plenty. L’absolu du chic est de ne parler qu’au compte-gouttes de votre vie. Que représente pour vous une invitation en opé annonceur : un miracle inespéré ou une banalité quotidienne ? Soyons sérieux, qui tweete ses excursions à la boulangerie Eric Kayser ?

5) On n’oublie pas ceux qui savent se faire oublier. Avez-vous remarqué comme chez certain(e)s, le même événement peut-être pré-tweeté, live-tweeté, et post-tweeté ? A croire que l’égocentrisme pousse à vouloir attirer continuellement l’attention sur soi. Au final, ce n’est pas de l’admiration qu’on suscite, mais de l’empathie : mégalomanie mal maîtrisée égale confiance dans les chaussettes.

Et vous, vous êtes gros melon ?

Si j’arrive à faire des photos correctes, demain on va
causer de comment être hype en buvant du thé.

Photo FlickRTim Lawrenz

Je suis branché, je suis overbooké

overbooké

Les bulots,

Quand tu bosses en open space, ou que personal brandes à mort, il y a une règle à adopter immédiatement : avoir l’air overbooké. Et vas-y que « je reviens vers toi asap », que « je suis charrette », que « j’ai le temps de rien ». Si t’es pas overbooké, c’est que tu fous rien, que tu n’es pas important, que tu te lèves avec Motus et que t’as le temps de lire 104 fois tes mails dans la journée et de faire Luigi et Link en paper-toyz.

Oui, mais voilà : les gens qui se disent overbookés ne le sont pas toujours (et même presque jamais). Y’a d’la feinte, vois-tu. Avec Marion, fille cachée de Bourdieu qu’aurait forniqué avec Marie Drucker, on a brainstormé sur le concept du « gens overbooké ». Et on les a classés en 5 catégories.

Les gens vraiment overbookés

Toujours à tweeter  15 informations sans aucun rapport entre elles, le gens vraiment overbooké n’a pas le temps de penser à dire qu’il est overbooké. Son (hyper)activité parle pour lui, elle est le meilleur gage de l’importance que les autres lui accordent.

Les mess-bookés

« 18h et j’ai encore 10 000 trucs à faire. Je sens que je vais devoir faire le tri entre ces trois soirées bookées pour ce soir ». La complainte du gens pas organisé est délicieuse. Il n’est pas plus occupé que vous et moi, seulement, il gère tellement mal son agenda qu’il vous donne l’impression d’être en apnée H24.

Les stress-bookés

Le stress-booké est dépressif. Job de merde, vie de merde, célibataire, bronchiteux chronique, il a besoin de s’évader en s’inventant une vie. Du coup, le moindre micro-événement le faisant sortir de sa routine morbide le met en joie. « Je reviens de l’Apple Store du Louvre, c’était GENIAL. Et maintenant, au Starbucks, avant LA grosse soirée. Quelle journée remplie ^^ ». Le pauvre.

Les turnface-bookés

« Le 4 ? Nan, j’ai un truc de booké déjà, je peux pas le déplacer. Et la semaine prochaine, ça va être très très tight ». Quand vous proposez un  rendez-vous au turnface-booké et qu’il le reporte aux calendes grecques, ce n’est pas que vous jouez de malchance. C’est que vous êtes indésirable.

Les fail-bookés

« Ce soir, opé XXXXXX. Demain, vernissage. Vendredi, road to Espanaaaaaa. Je m’en sors pas ^^ ». Qui n’a jamais vu ce statut sur sa page Facebook ? Le fail-booké a toujours quelque chose à faire de so VIP. Le 3 août, il faisait 31 degrés à SF. Le 9 septembre, il était « OMW to Amsterdam for a citybreak ». Rassurez-vous : le 3 août, il faisait 21 degrés à Vichy et le 9 septembre, le citybreak était super reposant à Valenciennes. Et quand il est au téléphone avec quelqu’un d’important, c’est sa mère.

Bon, je vous laisse, j’ai mon IMC à faire passer de 19 à 32.
Merci les agences de buzz hein !