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Même à 30 ans, on a un placard à jouets

Salut les loulous,

Je sais pas ce qui se passe en ce moment, mais y’a de la poussée de sève dans la blogosphère. Y’a Madame Kévin qui se demande en ce moment quels sont les meilleurs endroits pour commettre la bagatelle au bureau. Y’a JulieBBG qui, après avoir parlé de machins à faire avec la bouche, nous sort du Bla Bla caliente. Et y’a Miss400 qui s’amuse à prendre en photo la garçonnière de ses doudous (il est où le lapin Duracell ?). Même ici, sur ce blog, on s’est laissé aller à causer des relations johnsteedetemmapeelesques de la love affair en milieu concurrentiel (C’est un cours à Paris Dauphine, j’invente rien). Elle est jolie la blogosphère, tiens. Tous des obsédés !

Ca tombe bien, parce qu’aujourd’hui, les loulous, faut que je vous cause d’un truc. V’la-t’y-pas que SexyAvenue lance sa propre gamme de bidules rigolos pour « La Chose ». « Chic », qu’elle a fait Rosalie. Voilà donc que SexyAvenue me demande de choisir un produit parmi sa gamme pour vous en causer dans un blabla ultérieur. Mais y’a un gros hic, les amis : Rosalie et moi on n’est pas d’accord sur le choix du bidule.

Moi en CE1, je voulais faire policier, même que j’avais la panoplie complète avec la casquette US façon Glenn Hughes (à peu près) et un pistolet en plastoc. Alors naturellement, quand j’ai vu les menottes en fourrure (putain j’espère que c’est du renard, please please), j’ai dit je veux. Sauf que Rosalie ne l’entend pas de cette oreille (ni de l’autre d’ailleurs, elle a pécho une otite) : elle veut Jack The Rabbit, et rien d’autre. Tout ça pour quoi ? Parce qu’ils en causent dans Sex & The City. Ah pour ça, les blogs sont influents, pour sûr, quand tu vois que quatre paires de jambes sur des talons te ruinent toute ton influence en matière de choix de Sextoys !

Mais comme on est en démocratie, on s’est laissés chacun une chance de convaincre l’autre. Attention, paie tes arguments : « C’est cool, les menottes, en plus on peut prendre les roses, histoire de se marrer » (Rank of Credibility : « Et merde… ») « Regarde, la tête de Jack The Rabbit, on dirait le casque de Dark Vador ! » (Epic win)

Il n’appartient désormais qu’à vous, les loulous, de faire votre choix. La dernière fois, on n’avait pas réussi à déterminer qui avait commis la vanne la plus LOL. Cette fois-ci (MENOTTES), je compte (MENOTTES) sur vous (MENOTTES) pour faire (MENOTTES) le bon choix (MENOTTES). En toute (MENOTTES) transparence et selon votre (MENOTTES) libre-arbitre (MENOTTES). Et si ça tenait (MENOTTES) qu’à vous, vous choisiriez quoi (MENOTTES) ?

[ROSALIE : Je m'invite sur ce billet en loucedé pour vous dire les filles que faut voter pour Jack The Rabbit, solidarité féminine. Il est évident que Jules a peur d'un engin en plastique à pile et que des menottes n'auront pas l'effet escompté. L'évidence s'impose d'elle-même mais les filles aidez-moi à lui faire entendre raison. S'il vous demande, vous ne m'avez jamais vue, on s'est jamais causés.]

Article sponsorisé

Durex, c’est complexe

Pourquoi achetez-vous des préservatifs ?

Non, je ne suis pas voyeur, mais avouez qu’en termes de marketing, la question mérite d’être posée.

On ne sait toujours pas ce que c’est, au fond, le préservatif. Quand  on a 15 ans, c’est un truc antisexy au possible, présenté comme un super rempart contre toutes les dégueulasseries du quartier et surtout, ô argument suprême, un bon moyen de ne pas tomber enceinte. T’aurais l’air de quoi, Kevin, si tu devais réviser ton brevet tout en donnant le biberon, hein ? Et tu crois que tu pourrais toujours tâter de ta Xbox 360 si t’avais des couches à changer, hein ?

Et puis quand t’as 20-30 ans, le préservatif ça devient presque un produit de première nécessité, que tu serais prêt à acheter au Monop’ (enfin moi j’achète là-bas, c’est tellement drôle de voir la tête des gens quand tu les poses sur le tapis roulant entre un paquet de lessive et deux poivrons). On multiplie les partenaires, les usages, on régresse parfois joyeusement quand on se retrouve dans une soirée avec un stand bois-pas-au-volant/mets-des-capotes qui nous offre des machins en latex et qu’on s’amuse à en faire des ballons profilés ou des bombes à eau. Bref, le préservatif, ça devient aussi une manière ludique de dédramatiser cette chape de plomb du gosse et du SIDA : on en joue, on cherche parfois à sortir du conformisme transparent et sans saveur en achetant des gadgets chelou. Parce que le préservatif goût Piña Colada, à part pour choper la niche alcolo des consommatrices ou faire un sale jeu de mots, je vois pas à quoi ça peut servir d’autre !

Sinon quand tu t’appelles Romain, Angie, Léo ou Émilie, que tu te retrouves enfermé avec d’autres en plein été dans une baraque sympa avec piscine et toilettes, ben… ça sert vachement !

J’ai toujours été fasciné par les pubs pour les préservatifs. Mais j’ai jamais vraiment compris leur démarche publicitaire.

Ça fait quelques années que le préservatif ça devient glamour, que toutes les marques développent un business du cul assez fantastique. Chez Durex play, c’est limite s’ils m’apprennent pas encore des choses sur la sexualité. Nan mais oh ! Pour vendre un truc, il me semble quand même qu’il faut le rendre un poil sexy. C’est pas pour rien que Manix sponsorisait l’Ile de la Tentation y’a quelques années ! Du coup, quand je vois ce genre de pub, je comprends le message et ça me parle :

Mais quand je vois ça, je comprends déjà plus :

Alors c’est pas peu dire que quand Durex s’y met, après avoir fait une super pub ludique, j’y pige encore moins bien !

Bon alors, éclairez-moi. Pourquoi je dois mettre des préservatifs ? Parce que c’est drôle, joli, et safe, ou parce que sinon je pourrai plus bruncher tranquille ?

Les beaux gosses

Les marsupiaux, je suis allé voir Les Beaux Gosses hier soir.

Pour l’histoire, je vous la fais courte :

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c’est une autre affaire…

La vérité, c’est que j’ai semi-lolé.

Riad Sattouf est un garçon très gentil, qui fait de bonnes BD, mais j’ai été semi-déçu par le film. Attention, on se met en mode Télérama, là, tu vas voir le niveau.

Avec le pitch, tu sens le film caricatural à plein nez. Eh ben dans le mille Emile. Les gags sont convenus (chaussette déjà vue dans American Pie). Il faut reconnaître qu’ils s’enchaînent à un très bon rythme, parce que le film est calqué sur le format BD, avec de courtes séquences. Mais l’histoire a pour le coup tendance à s’effacer derrière la trame des gags. Du coup, hormis les petits lols et un mdr étouffé (confession), pas grand chose à retenir de ce film. L’histoire ne comporte aucun rebondissement, la fin est attendue, les personnages au final assez creux. Riad Sattouf m’a donné l’impression de brosser un portrait rapide d’une jeunesse engoncée dans son sébum et son liquide séminal collé au slip plutôt que de tenter un beau film qui sort des canons du teen movie gras et grossier pour entrer dans plus de complexité : parce qu’un ado (mâle), ça mate certes la voisine à poil la pignole à la main, mais ça se pose aussi beaucoup de questions touchantes sur les rapports entre les êtres, sur l’avenir, l’amour, la mort, la vie en adultosphère… De tout ça il ne sera pas question, et c’est fort dommage.

Je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment qu’on n’entend pas une seule fois parler d’MSN, de Facebook ou de Myspace dans ce film. Z’ont pas compris la technique du placement produit ou quoi ? Pour le coup, j’aurai bien ri

Une mention spéciale à Noémie Lvovsky, excellente en mère dépressive donc totalement délurée qui passe son temps à relaver son linge maculé de goutelettes venues d’une fuite dans les toilettes des avions (non mais quelle idée d’habiter sous un couloir aérien) et à tenter de surprendre son fils en plein onanisme.

Tout de même, en sortant du film, tu vois pas que j’ai cherché à me rappeler mes années collège ??? Les contrôles de bio révisés dans le couloir, les premières de la classe méprisantes qu’on traitait de mocheté, les types bizarres à la Mahmoud qui un jour se révèlent en fait totalement normaux (ah ah ah cette scène au gymnase), les profs parfois aussi tordus que les élèves, les soupes de langue que tu cherches à pas choper le tétanos en t’arrachant un morceau entre les bagues, les cheveux gras et les pulls jacquard miteux… Qu’est-ce qu’on n’était pas über-chic !

Merci à Riad Sattouf de m’avoir rappelé que personne n’est né chic…