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Sophia

Fut un temps sur ce blog, avant que la bise ne fut venue (pendant qu’on chantait tout l’été quoi), on lisait quelques astuces pour choper de la CSP+. Mais il faut que je vous entretienne, les amis, de comment jadis, sous le Second Empire, j’ai séduit une CSP+. Et par la même occasion, ce billet se transformera aussi en : « Comment j’ai été un toyboy ». C’est que, en ce moment, le sujet semble inspirer la blogosphère. Alors on se prépare, les prochaines semaines qui vont suivre, à ingurgiter sa dose d’Anna Gavalda version Vélib’.

Savoir quand
c’est plié

Pour choper de la CSP+ comme pour choper la random girl, il faut savoir trouver le point où l’on passe de l’océan d’incertitude à l’autoroute en roue libre. Il faudra faire gaffe aux nids de poules en tous genres, aux flaques d’huile et aux queues de poissons des autres automobilistes au sourire bright pour ne pas se planter dans le ravin, mais si vous êtes sur la terre ferme, c’est que globalement vous avez été un bon pilote jusque là. En clair, après le point, les signaux sont au beau fixe : il suffira de jouer la partition pour atteindre la cible.

La CSP+ — qu’on appellera Sophia — je l’ai rencontrée dans un cadre un peu spécial : pas vraiment professionnel, mais pas vraiment informel non plus, un mélange des deux qui dès le départ te fait danser le sirtaki : on se lâche ou on se tient ? (rappelle-toi que c’est en soirée que la CSP+ est la plus disponible) Or donc, les grandes soirées t’obligent à enfiler sur ton collier relationnel des perles et des perles de bribes de conversations au hasard que tu te retrouves le regard coincé dans celui de l’autre plus de deux secondes. Une espèce de regard gêné qui te pousse au final à briser la glace, parce que bon, on va pas se regarder en chiens de faïence pendant trois plombes.

Et c’est comme ça que fut prononcée la première parole.

On n’a pas vraiment parlé, tout juste fait connaissance. Aussi attirante qu’elle était, ce n’était qu’une personne parmi d’autres. Enfin, presque…

On s’est revus tout à fait par hasard quelques mois plus tard dans une autre soirée de plusieurs centaines de personnes. Appuyés contre un pilier, on a comblé ces mois de silence en faisant le point sur ce que nous étions devenus. Curieusement, j’avais rompu la veille d’une histoire assez étrange, qui avait duré plusieurs mois mais où je m’ennuyais profondément : et il a fallu qu’elle demande candidement comment se portaient mes amours.

Il n’y a rien de plus vulnérable qu’une femme qui se rend compte qu’elle a gaffé par inadvertance. Elle se confond en excuses entre deux rires gênés avant de tout balayer d’un revers de brushing en relativisant. Mais c’est dans cette faille qu’il se passe quelque chose, comme un fugace rai de lumière. La honte, c’est un peu cette porte entrebâillée sur ton tréfonds, sur tes pensées les plus intimes, c’est la nudité malencontreuse dont tu te demandes si tu ne l’as pas inconsciemment cherchée.

Toujours est-il qu’après cette scène qui dans Les Feux de l’Amour aurait été suivie de la coupure pub — avec les spots sur les serviettes contre les fuites urinaires —, j’ai préféré prendre congé, au plaisir de la croiser de nouveau plus tard dans la soirée. Ça ne m’avait pas vraiment marqué, et de toute façon je n’avais pas résolu de m’attarder trop longtemps avec elle. Pourtant, dans les heures qui ont suivi, j’ai repensé à ce hasard-qui-n’en-était-pas-vraiment-un. Je sentais que sa question, sans être non plus éloquente, n’était pas dénuée de sens caché. Pour en avoir le cœur net, je l’ai textée :

« Il fait chaud ici, on se retrouve dehors avec un verre ? »

« Oups, je suis partie… »

« On avait dit qu’on se dirait au revoir, quelle insolence ! »

« J’ai profité d’un moyen de locomotion… Je suis confuse »

Je n’ai pas réfléchi bien longtemps après ça. Il y avait foule d’indices assez probants : le ton, la contrition surjouée, sa voix pleine de pièces d’argent… J’ai répondu immédiatement :

« On règlera ça autour d’un déjeuner ou d’un dîner »

« Avec plaisir. Bonne nuit »

Très bientôt, on verra le deuxième épisode.

Elegance Academy #9 — Le billet dont vous êtes le héros

Monsieur le professeur Tourterelle,

Mon fils Jules étant souffreteux du bras gauche (peste bubonique localisée au coude, ont dit les apothicaires), il vous demande de bien l’excuser car il ne pourra assurer cette chronique que d’une main, rapport que c’est dur de taper avec les doigts de la main gauche quand ça fait des picotements désagréables à chaque fois qu’il touche le CAPS LOCK.

Vous voudrez bien le comprendre, parce que si vous ne le comprenez pas, ça ne serait pas gentil de votre part. Mon fils est si beau, si gentil, si brillant, si extraordinaire, ça me ferait vraiment de la peine que vous lui en tinssiez rigueur et lui fissiez (oui, ce serait pas cool de votre part de fissier) grief de scribouiller comme un éclopé de la main son billet hebdomadaire.

D’avance, je vous remercie, et ci-joint un mot du médecin pour vous prouver qu’on n’est pas des menteurs.

Kissou,

Madame Überparisian

Quelle histoire que ce bras ! Quand je fais ça… Aïe, peut pas l’faire. Mais j’te tiendrai au courant.

La semaine dernière, à la faveur malicieuse d’une roublardise maline, on avait réussi à approcher la CSP+, laissant le monsieur à AmEx Gold et à sourire ravageur ronger son frein et manger sa main. Depuis, le monsieur à AmEx Gold et à sourire ravageur s’est fait poser un bridge à la molaire et a fait une radio de la main droite tant son désespoir était grand. LOL.

Pour cette semaine, je te propose un petit jeu. Je dois t’avouer qu’il m’a été inspiré par du rangement ce week-end, où j’ai retrouvé de vieux émois littéraires de cinquième, où qu’on lisait des Livres dont on est le héros entre deux Balzac (si si). En farfouillant dans les affaires à la cave, j’ai excavé tel un grimoire un vieux bouquin jauni et corné sous une épaisse couche poussière et neuf toiles d’araignée. La lueur de ma lampe à huile vacillait dangereusement dans ce souterrain maléfique, et en plus j’avais paumé mon cimeterre stambouliote dans les marais de Hazreth. Quand j’eus saisi le livre, je l’ouvris (oui bon, on peut aussi faire des phrases de merde pour laisser respirer le suspense) : il s’appelait La Taverne des Damoiselles du Château des Abbesses. Ni une, ni deux, je gravis à nouveau les marches de la cave plus vite que l’agonie de ma mèche rebelle, enfournai le lourd pêne de la clé de bronze dans la serrure rouillée, et m’assurai d’entendre le bruit sec du pêne qui entre dans la gâche.

Je m’installai dans le canapé et pris une feuille de papier, afin de modeler mon personnage.

Arthur – 30 ans

Directeur artistique dans une agence de pub
Droitier – 1m83 – 73kg
Yeux : noisette / Cheveux : Bruns / Pelage : modéré sur la région pectorale, un sillon de Vénus du nombril jusqu’au pubis, désertique dans le dos, masculin sur les bras et les jambes
Signe distinctif : deux fossettes au creux des commissures et une mèche fournie sur le front

C’est après que ça s’est gâté. Trop cool, je me disais : il me suffit de me créer un grobill et à moi la quête facile. Que tu crois. « Pour les caractéristiques suivantes  (charisme, intelligence, beauté, force, humour), munissez-vous d’un dé à 20 faces et reportez-vous dans la table ci-dessous ». Ça donné ça :

Charisme : 12 – Quand vous sollicitez des High Five, il vous arrive encore de prendre des vents. Mais sinon, vous attirez la sympathie pour peu que vous ne fassiez pas l’imbécile.

Intelligence : 16 – Vous avez lu tout Bourdieu et Deleuze et êtes capable d’en ressortir les meilleurs morceaux sans que ça paraisse pédant.

Beauté : 17 – Henry Cavill est jaloux de vous.

Force : 10 – Sim est jaloux de vous car vous avez réussi à soulever un paquet de lessive.

Humour : 11 – Vous êtes jaloux de Sim car il est invité aux Grosses Têtes et pas vous.

Après il a fallu tirer le montant disponible dans son portefeuille avec trois dés à 20 faces et en multipliant le résultat par mille : j’ai fait 12 et 18 ! Mais où est-ce que j’allais aller avec 30 KPo ?! Quel handicap, comme, si j’étais pas assez short sur l’humour (pour briser la glace) et la force (pour prévenir tout retour du monsieur à AmEx Gold et à sourire ravageur) !

Bon, l’histoire.

1. Vous êtes dans la taverne, votre bourse à portée de main et vos bourses en délicatesse avec la notion de régulation des fluides. Pour ne pas éveiller les soupçons, vous commandez un breuvage exotique à base d’alcool de sucre de canne et de menthe (Retirez 8 Po). Alors que vous vous adossez au comptoir, vous jetez un regard circulaire à l’assemblée. A  une table sur votre gauche, vous apercevez trois jolies demoiselles, deux blondes et une brune, assises et discutant autour de breuvages rose. L’une d’elle vous attire particulièrement : votre cœur bat, vos yeux s’ouvrent et vos pensées vagabondent (-1 de charisme et -1 d’humour temporairement). Vous allez les aborder : que faites-vous ?

  1. Vous les abordez toutes les trois. Allez en 9.
  2. Vous attendez que ses deux amies s’absentent quelques temps. Allez en 4.
  3. Vous vous dissimulez parmi les clients et attendez qu’elle se lève pour aller au bar. Allez en 7.

2. Manifestement, elles se foutent de votre gueule, et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela ne vous enchante guère. Vous quittez la table en leur jetant un « Connasses » méprisant et en jurant le sort que de toute façon, elles étaient moches. Tandis que vous allez franchir la porte, vous entendez cingler dans votre dos un « Pauv’ type, va te vider les couilles ». Et ça vous fait mal. Ce soir, vous allez pleurer à chaudes larmes tout en ruminant votre colère. EPIC FAIL.

3. Vous marmonnez inlassablement le dicton de votre mère : « Tout vient à point à qui sait attendre ». Et vous attendez. Et vous attendez. Les minutes défilent, puis les heures. Minuit passe. Vous avez ingurgité 7 breuvages exotiques à la menthe (Retirez 56 Po), et vous avez l’ivresse blasée. A une heure du matin, une main vous tapote l’épaule. Hagard mais surpris, vous sursautez de joie. Le tenancier de la taverne que suite à un arrêté seigneurial, il doit fermer sa taverne à une heure du matin en semaine. Vous rentrez chez vous chancelant, votre bourse vide et vos bourses désespérément pleines. FAIL.

4. Vous vous dites qu’il est plus prudent d’attendre que ses amies s’en aillent pour pourvoir l’aborder tranquillement. Vous reprenez donc un de ces délicieux breuvages exotiques (Retirez 8 Po) et allez vous installer sur une table attenante. Les minutes passent. Les trois amies se font amener directement leurs verres par le serveur qui semble les connaître. Vous avez mésestimé le fait qu’elles se faisaient une soirée copines car elles ne pouvaient se voir qu’une fois par semaine. Et vous commencez à vous dire que le cliché selon lequel les filles vont toujours aux toilettes par deux ne fonctionnent que lorsque vous vous rabattez sur de jeunes lycéennes. Faites un jet d’intelligence (1 D 20). Si vous faites 13 ou plus, allez en 7. Si vous faites moins de 13, allez en 3.

5. Vous la devancez au bar et commandez un whisky. Elle s’approche de vous en posant ses doigts délicats sur le rebord du comptoir et, se mettant voluptueusement sur la pointe des pieds, commande trois Cosmo. Vous tournez la tête dans sa direction et lui signifiez que c’est un très bon choix, la canneberge a des vertus antioxydantes. « Médecin ? », vous répond-elle ? Vous lui répliquez que vous n’êtes pas médecin mais directeur artistique dans une agence de pub, et que vous avez travaillé pour Bacardi autour d’une représentation pop-glam’ de la cranberry. Elle semble visiblement enchantée par votre discours. Faites un jet de charisme et d’intelligence. Si vous faites une moyenne de 13 ou plus, rendez-vous en 10. Sinon, rendez-vous en 12.

6. Quand vous leur demandez ce qu’elles font là, elles vous répondent qu’elles cherchent un mari et un père. Quand vous essayez de discuter posément avec l’une d’elles, elles se lèvent d’un bon et prétextent une passion à nulle autre pareille pour la chanson qui passe. Elles empoignent une bouteille de Coca en verre et vocifèrent dans le micro improvisé. Quand le refrain arrive, elles vous tendent la bouteille pour que vous chantiez en chœur avec elle, mais vous refusez, sous leur désapprobation contrite. Passé cet interlude désagréable pour vos oreilles et vos objectifs, vous tentez de reprendre le taureau par les cornes et faites aller la conversation vers des choses plus sérieuses. Sans que vous vous en aperceviez, l’une d’elles fait commander pour vous quatre du vin et du champagne en vous susurrant langoureusement  à votre oreille satisfaite que vous êtes un vrai gentleman. Vous buvez, vous vous grisez, vous sentez bien que vous êtes sur le point d’attaquer des montées et des descentes chromatiques avec doubles croches en allegro vivace façon Rimski-Korsakov dans Le Vol du Bourdon. Vous êtes tellement grisés que vous ne voyez pas l’heure tourner. A une heure du matin, le tenancier de la taverne annonce que suite à un arrêté seigneurial, il doit fermer à cette heure-ci en semaine. Vos trois comparses se lèvent, prennent leur sac et leur veste Balmain, et vous glissent de tendres « au revoir » et de doux « à bientôt, beau mâle ». Le patron vous glisse la note : 800 Po. Elles se sont bien foutues de votre gueule, en fait. FAIL.

7. Mieux vaut attendre qu’elle se lève et aille commander une boisson, vous dites-vous. Grâce à votre sens de l’observation, vous trouvez une table attenante qui vous permet de bien les observer sans attirer la tension. Tandis que vous buvez modérément (Retirez 16 Po), vous vous focalisez sur le niveau des verres, afin de vous présenter au bar quelques minutes avant qu’elle y parvienne. Votre stratégie a l’air de payer. Rendez-vous en 5.

8. Vous encaissez les moqueries qui ont pour objectif de vous décourager avec une aisance déconcertante. Vous ne vivez pas sur vos certitudes, et faites votre mea culpa quand elles vous disent que votre approche était brutale et beauf. Vous en profitez pour leur rétorquer que la séduction est une affaire de distinction sexuée des rôles sociaux, et que des sociologues comme Bourdieu n’en pensaient que du mal. Pourquoi, à l’heure de la femme libérée et de la pilule contraceptive, ne faudrait-il pas faire évoluer les mentalités au sujet des approches hommes-femmes ? Ce à quoi elles vous rétorquent que les femmes draguent déjà, mais elles ne sont pas en chasse permanente : quand elles sont en meute, c’est qu’elles ne sont pas sollicitables. Vous encaissez sportivement la répartie et choisissez une tactique plus habile : passer du bon temps sans penser à en ramener une dans votre antre. Et ça semble payer. Vous abordez avec elles trois vos vies professionnelles, et découvrez que votre target travaille chez Direct8 comme assistante de production. Entre deux breuvages exotiques à la menthe et un à la canneberge, vous faites des blind-tests publicitaires avec les slogans. Elles vous moquent quand vous sortez le « Vous ne viendrez plus chez nous par hasard », mais elles sèchent avec admiration sur le « C’est si bon de faire confiance à une femme » de Monique Ranoult. Au cours de la soirée, vous apprenez qu’elles viennent souvent à cette taverne et qu’elles habitent du côté du faubourg Poissonnière. Un peu loin de votre Belleville, mais qu’à cela ne tienne : vous vous quittez sur un agréable au revoir ; elles seront enchantées de vous revoir, seules ou ensemble, une prochaine fois. Allez en 13.

9. Vous n’écoutez que votre courage et êtes sûr de vos chances en les abordant toutes les trois, en vous disant que si vous n’attrapez pas l’objet de vos désirs, il vous restera toujours les deux autres. Confiant, vous vous dirigez droit vers la table et leur glissez un bonsoir enjôleur en prenant une chaise jouxtant leur table. Vous commencez tout de suite par vous présenter et leur demander de faire de même. L’une d’elles vous répond qu’elle s’appelle Betty Boop, l’autre Stella Artois, et la troisième Magali Vaé. Faites un jet d’humour. Si vous faites moins de 16, allez en 2. Si vous faites 16 ou plus, allez en 11.

10. Vous avez su passer le cap de l’accroche pour essayer d’en savoir plus sur elle. En jouant au détective catastrophique, vous avez su la faire rire en lui attribuant des métiers loufoques : infirmière, championne de tarot, scaphandrière. Dans un rire nacré, elle vous confie que ça pourrait être un de ses secrets si elle participait à Secret Story. Dédramatisant à fond votre rôle de meneur des débats, vous lui proposez avec un machisme surjoué de l’accompagner jusqu’à sa table pour la prévenir des malotrus rapaces qui foncent sur les demoiselles qui rejoignent leurs tables. Elle accepte, et vous propose de discuter un peu avec ses copines, qu’elle vous présente. Vous vous présentez à elles, et l’une d’elles se met en tête de jouer la Fashion Gendarmette en décortiquant les quelques errements stlyistiques de votre look. La mèche devant les yeux sur une doublette veste-chemise, ça fait vraiment trop Jean-Pierre François, glousse-t-elle. Bienvenue dans le poulailler. Allez en 8.

11. Vous avez compris qu’elles vous charriaient gentiment. Votre technique d’approche est loin d’être idéale et a semblé les énerver plus qu’un peu, elles qui avaient pour objectif de passer une soirée entre copines. Il va falloir que vous mettiez les bouchées doubles et vous montriez sous votre meilleur jour. Faites un jet de charisme, de beauté, d’intelligence et d’humour. Si vous obtenez une moyenne de 15 ou plus, rendez-vous en 8. Si vous faites une moyenne inférieure à 15, rendez-vous en 6.

12. Vous n’aviez prévu que ce couplet sur les vertus antioxydantes de la canneberge dans votre musette. Passé cet effet d’annonce, vous vous retrouvez à ponctuer le silence de petits rictus gênés. La demoiselle prend ses commandes, vous glisse un « au revoir » poli mais neutre, et retourne à sa table. Que faites-vous ?

  1. Vous la suivez à sa table. Allez en 9.
  2. Vous restez au comptoir. Allez en 3.

13. Vous quittez la taverne gai comme un pinson. Que croyiez-vous ? Que vous choperiez le numéro de la CSP+ comme ça, en un claquement de doigt ? Quel naïf vous faites !

La semaine prochaine, on parlera alcools et spiritueux !

Photo FlickR — Parka81

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#8 — A la conquête des parts de marché affectif
#7 — La concurrence libre et non faussée
#6 — Love at first poke ?
#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

Un phare dans la nuit

Visiteurs uniques, visiteuses uniques, je vous salue.

Quand on commence un blog, tu t’imagines bien qu’on a envie de partager des choses. Sinon, on serait restés au stade primaire 1.0 du journal intime enfermé à double tour dans le tiroir de sa table de nuit située dans la chambre dans laquelle il est interdit d’entrer sans frapper, journal intime dont on serait prêt à entamer une guerre nucléaire et à faire subir les pires sévices corporels du genre faire crisser des fourchettes dans une assiette plate ou déplumer les yeux avec du liquide vaisselle à celui qui nous le subtiliserait et le lirait à haute voix ou le publierait sur Facebook.

Sur les blogs lifestyle (donc superficiels), on n’a pas grand chose à partager qui ne soit pas superficiel. Point d’analyses géopolitiques (quoique, je pourrais vous faire un plan de guerre pour le casse du siècle dans toutes les boutiques luxe de l’avenue Montaigne), point de tribunes engagées (celle sur L’Amour est dans le Pré, ça compte ?), point d’éclairages savants ni de sujets de fond qui te confirment dans ton idée que, perchée sur tes stilettos, tu vois mieux le monde comme il tourne mal. Bordel, c’est la crise quand même.

Mais justement, en période de crise, les gens ont besoin d’aide, de conseils. On développe son côté troc-trend, écolo-chic, ou appelez-le comme vous voulez. Oui, il y a plus de recessionista que de poorgeois, tenons-le nous pour dit ! Ainsi donc en cette période de vache mannequin maigre, on est à l’affût du bon plan, on s’agglutine aux ventes privées, on apéroshoppe, on vide-dressing à mort, on veut du free, du gratos, du pas cher, du discount-chic.

Oui, nous sommes perdus, oh là là on est tout seuls, on a marché dans la nuit noire (du pied gauche), et on ne s’en sort plus. Vite, un phare, une lampe torche, même un briquet du RC Lens fera l’affaire, pourvu qu’on ait de la lumière. Qui nous donnera la clé de nos interrogations ? Qui détient le secret de nos ignorances et nos angoisses ? A quelle porte faire toc-toc ? A quel saint non siliconé se vouer ? L’automne arrive, aujourd’hui le ciel est bas et lourd comme un couvercle de pot de confiture, il fait noir, il fait gris, il fait sombre et lugubre, rendez-nous le soleil !

Alors on cherche auprès de nos pairs bons conseils, on réseaute comme des crevards pour se convaincre que non, nous ne sommes pas tout seuls face à nos ignorances et nos peurs, il y en a d’autres comme nous, et peut-être qu’eux ont trouvé la clé de la serrure, ou au moins un truc pour la crocheter qui ne soit pas un talon de Jimmy Choo (non mais oh !). On googlise, on search, on va lire des blogs, des forums, des avis conso, et le mastodonte aux deux O nous aide souvent bien vite. Ah ça, pour sûr, il est beau notre phare dans la nuit :

LOL.
C’est tout.

Photo FlickRPetrovsk