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Philippe Séguin : un style

Le Premier Président de la Cour des Comptes et ancien président de l’Assemblée Nationale (vous savez ce que c’est ?) Philippe Seguin est mort hier ce matin à 66 ans des suites d’une crise cardiaque.

Oui, ça met un coup. Mais au-delà de ses hautes fonctions politiques, j’ai envie de dire que Philippe Seguin, c’est d’abord un style über-preppy. Regardez comme il portait magnifiquement la robe de velours noir (Balenciaga), l’hermine (Givenchy) et le mortier (The Kooples), qu’il savait accessoiriser avec une touche de fantaisie avec ce rabat en dentelle Lanvin.

Alors, j’ai envie de saluer comme il se doit celui qui, ayant un nom de propriétaire de chèvre, n’a jamais commis l’impair de porter un bouc. Retour sur un parcours capillaire et pilaire.




Patrick Swayze est enfin devenu un Ghost

Pardonnez-moi pour ce titre moisi, mais il me faisait rire.

Oui, car comme dit l’autre personnage de théâtre qui possédait un quotidien français, il faut se « presser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer » (le premier qui me sort que j’ai été la choper sur evene.fr, je lui crache mes microbes à la tronche).

Parce que là, j’aime autant te dire que je n’ai pas très envie de rire. Oh non de rire je n’ai pas très envie.

Patrick Swayze est mort. Je répète : Patrick Swayze est mort. Mort, ça veut dire qu’il ne va plus vivre, quoi. Enfin, je veux dire, il ne va plus faire de film, on ne va plus le voir, il ne va plus nimber le monde de son aura de hottitude 80’s. Et ça, c’est déprimant !

Vous vous souvenez de Ghost, quand même, cette ode un peu tarée à la théorie du chat de Schrödinger, où il (vivant) jouait un fantôme (mort). Du coup on se demandait s’il était vraiment l’un ou l’autre, ou les deux à la fois, ou aucun des deux. Mais surtout, cette scène de la poterie, les amis, la poterie ! Un monument de hottitude érotiquissime, comme elle dit l’autre, où on a tous fantasmé grave, surtout les filles.

Rosalie va être inconsolable les amis. Y’a qu’à voir la photo de lui qu’elle se trimballe dans son iPhone pour s’assurer qu’elle lui voue une adoration sans nom :

Bon, je vous laisse, faut que j’aille acheter de la terre glaise pour ce soir, qu’elle m’a demandé.

Grazie Grazia ?

Les copines (et les copains aussi),

Vu que sur ce blog il y a visiblement plus d’hommes à cheveux longs, à ongles faits et perché(e)s sur des talons que d’hommes à cheveux pas longs, aux ongles normalement coupés et à richelieus classos ou à sneakers easy chic, j’ai succombé à la tentation du magazine féminin.

Oui. J’ai acheté Grazia. Et, mieux. Je l’ai lu. Et encore mieux : je vais vous en parler.

Grazia donc, les copains-copines, c’est un nouveau magazine féminin. Enfin, c’est la version française d’un magazine italien et qui depuis à 11 éditions internationales : Grazia France est la 12e. D’emblée il veut se poser sur le terrain du féminin-people haut-de-gamme et concurrencer Elle et Gala (entre autres). Oui, les autres, c’est trop cheap et easy pouf tu comprends ? On tape que dans l’upper class chez Grazia.

Dès l’édito, on nous sert la formule magique : « Grazia c’est 45% de mode et beauté, 35% d’actu, 10% de people et 10% de culture ». OK.

Je dois l’avouer, je n’ai pas été convaincu par le côté fourre-tout du magazine. Faire du people, c’est bien, d’autant plus que Grazia fait dans le people chic, en laissant à Voici le soin d’annoncer la couleur de la mooncup de Virginie Efira. Mais deux pages plus loin, on retombe sur de la mode, coincée en plein milieu d’un reportage façon Nouvel Obs’ sur les enfants détenus dans les centres de rétention. Du coup, ça me donne l’impression que Grazia veut tout faire, mais fait tout moyennement.

Je n’ai pas du tout aimé la maquette. Le format est trop grand, le choix des couleurs et les maquettes ne collent pas à l’ambition glam’-chic du magazine : c’est assez banal, et un peu sans saveur. Mais les goûts et les couleurs…

Pour un premier numéro, je m’attendais à quelque chose de spectaculaire, qui soulève un grand nombre d’abonnements, mais tant dans le choix des sujets, que dans la manière de les traiter, ça se démarque très peu des autres magazines. Il y a quand même quelques rubriques sympa et innovantes : la Fashion Police (un scanner des looks de stars par une brigade de choc), le Style Hunter, qui reprend l’idée du Sartorialist, l’O.F.N.I. qui présente des objets fashion kitsch, moches, vulgos ou très second degré, etc. L’idée des in10pensables est très bien trouvée, ça ressemble à un super sommaire en forme d’éventail.

Mais dans l’ensemble, on retrouve la même chose que chez les concurrents. Le ton un peu trop prescripteur et un peu trop m’as-tu-vu à mon goût : je sais bien que le lectorat moyen n’habite pas à Paris, mais pour ceux qui sont quand même un peu in de l’attitude, il y a certains mots qu’on n’aime plus lire, ça nous donne l’impression d’être des demeurés. Les sujets sont parfois à peine effleurés : celui sur la grippe A chez les people aurait pu être très amusant s’il n’avait pas consisté en un simple listing des people touchés. L’article sur les lolitrentenaires façon Tania Bruna-Rosso est super intéressant, mais est un peu incohérent : au début on parle de trentenaires un poil bitchy et régressives qui refusent les codes de vie de leur âge, mais on illustre ça avec des photos de… Virginie Efira et Emma de Caunes, qui sont mariées depuis plusieurs années ! Et puis, comme tu le sais, je n’adhère pas à l’idée de la trentenaire frivole. Même avec un job en or, même avec une sensibilité culturelle très développée, même shoppeuse+++, la CSP+/lolitrentenaire/bobo a son horloge biologique qui la travaille autour de la trentaine. Même Clara Sheller.

De manière générale, le gros problème du magazine, c’est son manque d’audace. Grazia se veut un GQ au féminin. Mais le succès de GQ justement a reposé sur la révolution opérée dans les masculins. Avant, la référence en matière de magazine masculin, c’était FHM et Maximal, autant dire ciblés tuning et gros lolos. FHM était sponsor officiels des soirées AxeBoat l’été, c’est dire. Ca pour sûr, le CSP+ raffiné y trouvait son compte. Et puis quand GQ est arrivé, il a su parler d’une autre manière : tendances, mode, beauté, et surtout style de vie : boulot, sexe, loisirs, et vie perso.

C’est ce qui manque à Grazia. Il y a trop de mode, trop de beauté, la presse féminine en est bombardée depuis la nuit des temps (et peut-être même depuis l’heure de l’apéro des temps). Il gagnerait à parler un poil plus de choses profondes, même en gardant un ton léger. L’article du mâle sex-addict à Meetic mais repenti et qui trouve l’amour m’a bien fait rire tant il était convenu et insipide. GQ s’offre des plumes intéressantes comme David Abiker pour parler boulot, écologie, sexe, politique, d’une manière très intéressante. Mais en période de crise publicitaire (et chapeau bas pour l’audace de le lancer à ce moment-là), j’ai comme l’impression qu’ils ont cédé à la facilité pour ne pas effrayer les annonceurs…

Je pense que les femmes attendent ça d’un magazine féminin : moins de prescription, mais plus de conseils, de choses qu’elles peuvent appliquer dans la vie de tous les jours. Femme Actuelle fait ça très bien, et Elle ne le néglige pas. Mais visiblement, Grazia cible des trentenaires célibataires parisiennes à fort pouvoir d’achat pour qui la notion d’enfant, de vie de couple, ou des choses sérieuses de la vie, n’a pas de réalité. C’est dommage, car d’une c’est faux, même cette catégorie s’intéresse à des choses raffinées, et d’autre part ça affadit vraiment le magazine.

Des encouragements donc, mais le magazine a besoin de monter en gamme !

Vous en avez pensé quoi de Grazia, copains lecteurs à pas talons et lecteuses à talons ?