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Rue du temps suspendu

Les copains, aujourd’hui on va encore reparler boulot. Je sais, ça vire limite à la névrose obsessionnelle ce truc, mais je crois que c’est l’effet no holiday qui commence à me taper sur l’occiput. Enfin.

Dans la rue où je travaille, il y a un magasin très étrange. Une sorte d’échoppe 40′s, à l’époque où ils connaissaient pas les vitrines minimalistes genre Sonia Rykiel. Non, à l’époque ils peignaient directement ce qu’ils vendaient sur le mur. Comme ça c’était plus simple : si tu voulais diversifier ta marchandise, tu pouvais pas, ou alors fallait te coltiner l’effacement et le rafraîchissement du pinceau. Une boutique tout le temps fermée, spécialisée dans des alcools que presque plus personne ne boit, donc que plus personne n’achète. Ils sont tellement plus du tout up-to-date que le numéro de téléphone est encore à 8 chiffres.

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Fais-moi peur

phobie peur Il est de notoriété publique que Paris est la ville des névrosés. C’est bien beau d’avoir un salaire 15% supérieur à la province, d’avoir les tendances avant tout le monde, de profiter de toutes les sorties culturelles et de la Foire du Trône, mais ça ne garantit pas que dans nos têtes, ça soit bien clair.

Attends, qui n’a pas des problèmes mentaux ici ?

Entre l’impossibilité d’entretenir des relations humaines normales, les « Je t’aime, mais je préfère que tu me fuies pour que je me convainque que je veux te rattraper avant que tu te mettes à m’aimer » (c’est le synopsis du prochain Patrice Leconte que je vous ai dévoilé là), et les angoisses existentielles et irrationnelles sur les conséquences psychiques de l’apparition des pattes d’oie avant d’atteindre les 55K€ annuels, le Parisien est phobique de la joie de vivre.

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Ça en est où ce bistrot de quartier ?

chez marianne falafels

Ah au fait, tu te souviens qu’en plein cœur de l’hiver, je m’étais mis en tête de trouver un bistrot de quartier ? Je crois que le temps est venu de remonter les filets et de voir ce qu’on a pêché.

Cassons le suspense : de bistrot j’ai trouvé, de quartier point. Du haut de mes préjugés quasi cinématographiques, un bistrot de quartier, pour bibi, ça ressemble à peu près à un petit zinc avec une mosaïque de carrelage au sol et des chaises en bois brun à dossier en arc-de-cercle. Le genre de bouge dans lequel, à chaque fois que tu y vas, il fait nuit très noire et il y a des gouttes de pluie sur les carreaux. Y’a plus personne et des chaises sont déjà empilées. Mais toi, tu restes prendre un dernier verre, un genre de rhum arrangé au gingembre (?). Et au moment de rentrer, il y a le jingle Nescafé et Rosalie qui me demanderait : « T’as pensé aux croissants ? »

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