
Salut les amis,
Oui, c’est paradoxal : alors qu’on est vendredi et qu’en ce jour saint on n’a pas du tout envie de parler boulot, ben aujourd’hui on va quand même parler boulot. Parce que vois-tu, en ces temps de rapport Stiglitz sur le bien-être au travail et de suicides chez France Télécom, je me suis dit qu’il était de mon devoir que sur ce blog, eu égard à la fulgurance de mes idées, on apporte notre pierre à l’édifice de la cathédrale de Luc Plamandon.
Et je vais vous parler d’un fléau qui ronge la vie en open space. En -30 avant Über, j’avais causé des pirates de bande passante ; aujourd’hui, on va évoquer le mildiou du common work : le collègue asocial.
C’est que tu vois, il y a une loi de Murphy dans l’open space, qui veut que quel que soit le nombre de salariés, dix, vingt, trente, il y en a au moins toujours un qui n’est pas dans le mood général. Le collègue asocial, on n’a rien à lui reprocher, il fait son travail comme il faut, il a un bon ratio de facturation jour/homme. Et pourtant, question team building, c’est un peu la pièce qui dit crotte dans ton Jenga.
Le collègue asocial fait rien comme tout le monde
Le collègue asocial, il n’aime pas les sushis, et ça tombe mal parce que le vendredi, c’est sushi.
Le collègue asocial, il aime bien son boulot, mais pas au point d’y évoluer comme s’il était à la maison, et ça tombe mal parce que certains soir, tout le monde lui propose d’aller boire un verre dans le bar d’en bas.
Le collègue asocial, il a des impératifs de couple qui lui demandent de prévoir une semaine à l’avance un soir où éventuellement il pourrait sortir prendre un Coca (sic.) et rentrer après 19h.
Le collègue asocial, il n’aime pas les joyeusetés du vendredi après-midi et du mois de juillet auxquelles on participe tous : concours de jeux vidéos dans la salle de réunion, Loto Foot, concours de paper toyz…
Mais tout le monde devrait faire comme lui

Visiblement, il est là pour travailler, il n’aime pas s’amuser. Et c’est en ça qu’il est dangereux, le collègue asocial.
Parce qu’à observer le collègue asocial travailler, on se dit qu’en fait, on est pas si productif que ça, que la technique du club sandwich (une slide – une vente privée – une slide – un tweet – une slide – un coup de Facebook – une sl… ah non, une pause clope plutôt) n’a pas vraiment de fondement en terme d’efficacité, mais qu’on veut y croire quand même. En fait, l’AW, c’est l’exception qui vient plomber ta théorie : oui, il est possible de travailler dans la pub, la com ou le web, sans développer une coolitude assumée.
D’ailleurs, le collègue asocial, il ne tweete pas ou alors de manière tellement austère que tu rougis de honte quand tu vois ta timeline : lui il aime bien te balancer du lien Mashable, du Techcrunch ou du CB News quand toi tu glousses en lisant le feed RSS de Voici.fr.
Sur son bureau, il n’y a pas les chemises retirées du pressing à midi, deux vestes et trois manteaux, la liste de courses de ce soir, et ta raquette de badminton. Sur son ordinateur, il n’a pas constamment une fenêtre ouverte sur eBay et YouTube. Non, le collègue asocial cloisonne pour travailler vite.
Et le midi, le collègue asocial mange sempiternellement sa formule crudités-poulet/tarte-aux-fruits derrière son ordinateur. Les pauses-déjeuner d’une heure et demie, il connaît pas.
Je vous le dis, les amis, le collègue asocial, c’est le contremaître du XXIe siècle.
Bon je vous laisse, j’ai du travail (ben oui…)
Photo FlickR — Le Piment