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Moi la réforme des retraites, je suis contre

fraises

(Là, ce sont des fraises non sucrées. C’est une allégorie de l’expression « sucrer les fraises », qui veut dire en gros que t’es super gâteux et que y’a qu’à te coller un pot de Canderel (ou d’aspartame, les vieux sont diabétiques) dans les mains pour que ça sucre un saladier tout seul. T’en déduiras que cette image représente l’état actuel de la population française, qui risque de devenir gâteuse avec la réforme des retraites. Eh ouais, on est pas la moitié d’un imbécile ici.)

Sur ce blog, on est toujours en phase avec les grands sujets du moment. T’as vu que les dépités sont en train de se demander quoi faire avec nos retraites ? Dans l’hémicycle, ça se demande de quoi demain sera fait, s’il faut t’augmenter l’annuité ou repousser l’âge de la retraite. Et ron et ron petit pas tapon. N’empêche que c’est bien beau leurs prévisions économiques et démographiques, mais ça reste quand même de la divination. Élizabeth Teissier bientôt ministre ?

Tu dois te demander ce que j’en pense de tout ça (en fait, ça m’arrangerait, sinon tu n’aurais aucune raison de lire la suite du billet), n’est-ce pas ?

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Je suis branché, je suis overbooké

overbooké

Les bulots,

Quand tu bosses en open space, ou que personal brandes à mort, il y a une règle à adopter immédiatement : avoir l’air overbooké. Et vas-y que « je reviens vers toi asap », que « je suis charrette », que « j’ai le temps de rien ». Si t’es pas overbooké, c’est que tu fous rien, que tu n’es pas important, que tu te lèves avec Motus et que t’as le temps de lire 104 fois tes mails dans la journée et de faire Luigi et Link en paper-toyz.

Oui, mais voilà : les gens qui se disent overbookés ne le sont pas toujours (et même presque jamais). Y’a d’la feinte, vois-tu. Avec Marion, fille cachée de Bourdieu qu’aurait forniqué avec Marie Drucker, on a brainstormé sur le concept du « gens overbooké ». Et on les a classés en 5 catégories.

Les gens vraiment overbookés

Toujours à tweeter  15 informations sans aucun rapport entre elles, le gens vraiment overbooké n’a pas le temps de penser à dire qu’il est overbooké. Son (hyper)activité parle pour lui, elle est le meilleur gage de l’importance que les autres lui accordent.

Les mess-bookés

« 18h et j’ai encore 10 000 trucs à faire. Je sens que je vais devoir faire le tri entre ces trois soirées bookées pour ce soir ». La complainte du gens pas organisé est délicieuse. Il n’est pas plus occupé que vous et moi, seulement, il gère tellement mal son agenda qu’il vous donne l’impression d’être en apnée H24.

Les stress-bookés

Le stress-booké est dépressif. Job de merde, vie de merde, célibataire, bronchiteux chronique, il a besoin de s’évader en s’inventant une vie. Du coup, le moindre micro-événement le faisant sortir de sa routine morbide le met en joie. « Je reviens de l’Apple Store du Louvre, c’était GENIAL. Et maintenant, au Starbucks, avant LA grosse soirée. Quelle journée remplie ^^ ». Le pauvre.

Les turnface-bookés

« Le 4 ? Nan, j’ai un truc de booké déjà, je peux pas le déplacer. Et la semaine prochaine, ça va être très très tight ». Quand vous proposez un  rendez-vous au turnface-booké et qu’il le reporte aux calendes grecques, ce n’est pas que vous jouez de malchance. C’est que vous êtes indésirable.

Les fail-bookés

« Ce soir, opé XXXXXX. Demain, vernissage. Vendredi, road to Espanaaaaaa. Je m’en sors pas ^^ ». Qui n’a jamais vu ce statut sur sa page Facebook ? Le fail-booké a toujours quelque chose à faire de so VIP. Le 3 août, il faisait 31 degrés à SF. Le 9 septembre, il était « OMW to Amsterdam for a citybreak ». Rassurez-vous : le 3 août, il faisait 21 degrés à Vichy et le 9 septembre, le citybreak était super reposant à Valenciennes. Et quand il est au téléphone avec quelqu’un d’important, c’est sa mère.

Bon, je vous laisse, j’ai mon IMC à faire passer de 19 à 32.
Merci les agences de buzz hein !

Le collègue asocial

Salut les amis,

Oui, c’est paradoxal : alors qu’on est vendredi et qu’en ce jour saint on n’a pas du tout envie de parler boulot, ben aujourd’hui on va quand même parler boulot. Parce que vois-tu, en ces temps de rapport Stiglitz sur le bien-être au travail et de suicides chez France Télécom, je me suis dit qu’il était de mon devoir que sur ce blog, eu égard à la fulgurance de mes idées, on apporte notre pierre à l’édifice de la cathédrale de Luc Plamandon.

Et je vais vous parler d’un fléau qui ronge la vie en open space. En -30 avant Über, j’avais causé des pirates de bande passante ; aujourd’hui, on va évoquer le mildiou du common work : le collègue asocial.

C’est que tu vois, il y a une loi de Murphy dans l’open space, qui veut que quel que soit le nombre de salariés, dix, vingt, trente, il y en a au moins toujours un qui n’est pas dans le mood général. Le collègue asocial, on n’a rien à lui reprocher, il fait son travail comme il faut, il a un bon ratio de facturation jour/homme. Et pourtant, question team building, c’est un peu la pièce qui dit crotte dans ton Jenga.

Le collègue asocial fait rien comme tout le monde

Le collègue asocial, il n’aime pas les sushis, et ça tombe mal parce que le vendredi, c’est sushi.

Le collègue asocial, il aime bien son boulot, mais pas au point d’y évoluer comme s’il était à la maison, et ça tombe mal parce que certains soir, tout le monde lui propose d’aller boire un verre dans le bar d’en bas.

Le collègue asocial, il a des impératifs de couple qui lui demandent de prévoir une semaine à l’avance un soir où éventuellement il pourrait sortir prendre un Coca (sic.) et rentrer après 19h.

Le collègue asocial, il n’aime pas les joyeusetés du vendredi après-midi et du mois de juillet auxquelles on participe tous : concours de jeux vidéos dans la salle de réunion, Loto Foot, concours de paper toyz…

Mais tout le monde devrait faire comme lui

Visiblement, il est là pour travailler, il n’aime pas s’amuser. Et c’est en ça qu’il est dangereux, le collègue asocial.

Parce qu’à observer le collègue asocial travailler, on se dit qu’en fait, on est pas si productif que ça, que la technique du club sandwich (une slide – une vente privée – une slide – un tweet – une slide – un coup de Facebook – une sl… ah non, une pause clope plutôt) n’a pas vraiment de fondement en terme d’efficacité, mais qu’on veut y croire quand même. En fait, l’AW, c’est l’exception qui vient plomber ta théorie : oui, il est possible de travailler dans la pub, la com ou le web, sans développer une coolitude assumée.

D’ailleurs, le collègue asocial, il ne tweete pas ou alors de manière tellement austère que tu rougis de honte quand tu vois ta timeline : lui il aime bien te balancer du lien Mashable, du Techcrunch ou du CB News quand toi tu glousses en lisant le feed RSS de Voici.fr.

Sur son bureau, il n’y a pas les chemises retirées du pressing à midi, deux vestes et trois manteaux, la liste de courses de ce soir, et ta raquette de badminton. Sur son ordinateur, il n’a pas constamment une fenêtre ouverte sur eBay et YouTube. Non, le collègue asocial cloisonne pour travailler vite.

Et le midi, le collègue asocial mange sempiternellement sa formule crudités-poulet/tarte-aux-fruits derrière son ordinateur. Les pauses-déjeuner d’une heure et demie, il connaît pas.

Je vous le dis, les amis, le collègue asocial, c’est le contremaître du XXIe siècle.

Bon je vous laisse, j’ai du travail (ben oui…)

Photo FlickRLe Piment