Tag Archives: fred perry

On se fait une (basket en) toile ?

Le teasing putassier à la Morandini, ça va bien deux minutes, il faut savoir donner au lectorat en délire son pain quotidien. Hier, on parlait grolles et baskets, et on se rendait compte que si la fontaine de Jouvence ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, on peut cependant la trouver sous la semelle d’une paire de sneakers.

Aujourd’hui, on va débrancher son cerveau. Clic.

L’autre jour de la semaine dernière, quand j’ai regardé mon placard à chaussures, je me suis dit que ce serait bien de vous faire un benchmark des différents modèles de baskets en toile. C’est l’été, le style old tennis revient en force depuis l’an dernier, et les sneakers en toile pullulent aux pieds des Parisiens. Comme benchmark bien ordonné commence par le mauvais, on démarre par les sneakers les plus caca.

J’ai déjà expliqué mon rapport complexe avec Fred Perry. J’aime beaucoup la marque, surtout leurs polos, surtout la coupe d’ensemble et celle du col. Pour autant, j’ai beaucoup de mal à apprécier leurs chaussures. La Vintage Plimsoll a un peu tous les défauts : la toile est trop rigide, la basket a un aspect massif qui rend le pied obèse, et surtout, elle est flanquée devant et derrière, de deux gros boudins de caoutchouc particulièrement immondes. Quand je les porte (c’est très rare), j’ai l’impression qu’elles sont lestées de plomb tellement elles sont lourdes. Si vous aimez les targettes d’éléphant, allez-y, faites-vous plaisir…

A l’inverse, le seul modèle qui est globalement potable, c’est la Kingston Plimsoll. Le volume d’ensemble a fondu, les lignes sont épurées, le modèle derby de la tige (là où que y’a les lacets) a été aminci pour mieux suivre la forme du pied. Mais il reste encore cet aspect un peu sabot qui m’empêche de les apprécier pleinement.

Les Superga, n’en parlons pas. C’est Fred Perry, mais en version ciment. Il y a beaucoup de coutures sur la chaussure qui brise la beauté d’ensemble, toujours ces boudins immondes. Mon père a des chaussures de bateau Helly Hansen qui me font le même effet, c’est dire.

Feiyue, ça a longtemps été mon chouchou chaussural (Bescherelle certified). Toile très fine, qui épouse relativement bien le contour du pied, jolie couleur et joli logo, semelle très fine aussi. Ça donne des chaussures très légères et très mobiles, parfaites pour les escapades. J’ai acheté tout de suite le modèle classique, Lo rouge et bleu, que j’ai été immédiatement salir de manière scandaleuse avant de les laver et de les brosser grossièrement : la toile s’est brunie (marronnassée serait plus exact à vrai dire, et oui c’est toujours Bescherelle certified), donnant au début un aspect un peu crade, mais avec le temps et l’usage, la toile a pâli et maintenant elles sont joliment patinées !

Et puis, récemment, je suis entré en rébellion chaussurale. Zut, quoi, pourquoi tout le monde achète le modèle rouge et bleu ? J’ai donc décidé d’organiser une action coup de poing : j’ai acheté un autre modèle (oui bon). Les vertes et les bleu-orange étant relativement courantes aux pieds des Parisiens mi-followers mi-trendsetters, j’ai opté pour le modèle jaune-violet. Mais depuis que j’ai ce modèle, rien ne va plus ! Le charme oriental des Feiyue s’est un peu dissous.

Entre temps, j’ai découvert les nouveaux modèles de chez Tretorn, et surtout la T-56. Comme pour Feiyue, la petite marque suédoise de vêtements nautiques ressort un modèle ancien, 1956 en l’occurrence. Et là, je dois avouer que c’est le shoes crush, comme disent les modasses. La forme de la chaussure épouse parfaitement le pied, on a l’impression de sortir pieds nus. La semelle est très fine et le modèle d’ensemble est très léger. J’ai pris le modèle noir, qui mincit encore le pied. Très bon choix !

Mais depuis quelques jours, j’ai découvert une nouvelle marque de sneakers : les Faguo. Faguo est une petite entreprise française qui se lance dans la chaussure franco-chinoise écolo. De la toile, une fine semelle, un bouton cousu pour l’accessoirisation, et c’est tout ! Je m’interroge tout de même sur la stratégie en termes d’image : Feiyue a déjà réussi sa success story sur la chaussure des bonzes ressortie des vieux cartons. Du coup, je saisis mal l’opportunité pour Faguo d’aller tenter l’aventure orientale… Mais le modèle est simplement splendide, la bleue marine me drague de manière éhontée !

Sociologie des sneakers

Les semelles de crêpe, ça ne va plus sur ce blog. Ces derniers jours, on a causé gras du bide, cantoche du primaire, et staycation. Mais on oublie sévèrement de parler de trucs sérieux, et c’est un grand tort dans un monde qui perd de jour en jour ses repères. Alors, pour le salut de mon âme, j’ai décidé d’aborder un sujet hautement crucial pour les enjeux de demain : les chaussures.

On sous-estime le rôle de boussole que peuvent jouer les chaussures dans ce monde désorienté et (pas toujours) désargenté. Si je me faisais philosophe, je dirais : « Quand on a de bonnes chaussures, on sait où on met les pieds ». Ce serait un peu short pour faire un bouquin, mais pour faire un plateau télé avec Finkielkraut, ça tiendrait.

Oui, la chaussure est un élément essentiel de toute garde-robe qui se respecte. Ne rions pas sous cape comme Estella Warren dans la pub Chanel n°5 : si les filles voient mieux le monde chaussées sur des talons haut, nous ne sommes pas en reste. A dire vrai, plus que pour toute femme, car elles se mettent à porter des talons très jeunes, notre vie est scandée par les types de chaussures que nous portons. Petits, dans les années 80 et 90, nous portions fièrement nos Nike Air Force et nos Reebok Pump. Aujourd’hui, plus grand que nous sommes, nous avons opté pour les  sneakers et les baskets de ville. Les sneakers, c’est un peu le signe de notre entrée dans le monde social, l’intégration des codes vestimentaires de l’adulte tout en se tenant quand même cramponnés à une part de notre style vestimentaire d’adolescent.

Parce que oui, on le sait tous, et on le redoute avec crainte : les sneakers sont le stade intermédiaire entre le style vestimentaire de l’adolescent et celui de l’adulte. On sait tous ce qui se profile derrière : la Jean-Marie Weston en gros cuir, la grosse grolle couleur camel qu’il faut cirer et porter avec un costume coupé droit. La grolle, elle représente tout ce qu’on déteste : la vie dans une entreprise de vente de fournitures de bureau appelée COFRATEC, les collègues à chemisette vert tilleul avec les stylos coincés dans la poche poitrine, les gens qui ont toujours eu l’habitude de travailler en bureau individuel et se retrouvent dans un open space dont ils ne connaissent pas les codes, les horaires 9h-17h quand on avait l’habitude de faire 11h-20h, la moyenne d’âge de 45 ans, des collègues qui s’appellent Monique, Chantal, Jean-Louis et Didier, n’en jetez plus, je fais une crise d’angoisse.

Et après ? Et après ? Après on aura les pieds gonflés, et on optera pour les Mephisto informes. Car alors la notion de style, de glamour, nous passera totalement au-dessus. Ce sera le confort avant tout.

Alors pour le moment, je profite de la charge émotionnelle que je peux mettre dans mes sneakers, qui par bonheur aiment vivre, se patiner, se salir délicatement, et qui se bonifient avec le vieillissement. Je prends mon courage à deux mains et je le crie haut et fort :

I SNEAKERS !

Demain les semelles de crêpe, on en recausera plus en profondeur. Je vous laisse avec l’eau à la bouche, tiens.

PhotoCaR!b0

Vente presse chez Fred Perry

Fred Perry, tu connais, je suppose.

Depuis que les baskets désporstwearisées sont revenues à la mode l’an dernier, les Tennis Plimsoll de la marque au laurier commencent à faire un tabac. Bon, moi j’aime pas leurs baskets, chez Fred Perry. J’en ai acheté une paire, noire, classique, mais le gros boudin de caoutchouc qui entoure le talon et le bout du pied me donnent des complexes à chaque fois que je sors en ville, du coup elles restent dans le placard à côté d’Asics Tiger Black/Champagne qui coulent une douce retraite depuis ce jour maudit où je les ai prêtées à un copain pour faire du sport. J’ai voulu sacrifié à la religion du chic mon altruisme, mal m’en a pris bouhou.

Fred Perry donc, c’est un peu le Lacoste d’outre-manche ou le comment-qu’on-crée-une-marque-à-partir-d’une-marque-de-sport, le tennis en l’occurrence. Bon, pour les chaussures, comme tu t’en doutes, c’est râpé. Je suppose que leurs gros boudins ont été scientifiquement pensés pour le tennis, mais manque de bol, au pays du Vélib’, il n’y a point de raquettes, et puis de toute façon même s’il y en avait je doute qu’il soit possible de faire du tennis en jean et autres accessoires chic. Le short de Sébastien Grosjean, c’est pas du tout über-geil ! Du coup, dans mon cœur comme dans mon placard, elles ne détrônent pas les Feiyue, ode à la beautifulitude vestimentaire, such a sartorial splendour !

Heureusement pour leur business model, ils font des chemises et des polos aussi. Et là, c’est d’une tout autre facture ! Si tu es un inconditionnel de How I Met Your Mother, t’auras remarqué que c’est le sponsor officiel de Marshall. D’ailleurs, faudrait leur dire que le placement produit ça frise la ringardise et que c’est pas du tout über-geil : tu t’imagines être habillé tous les jours de la même marque, toi ? Mais quelle éducation ils vont donner à nos jeunes en matière de chic, ces scénaristes ? Pfff !

Alors un polo Fred Perry, ça ressemble à quoi, trépignes-tu ? A un truc avec des manches, comme tu peux le voir sur le Powerpoint imagé suivant :

(Longue, cette note !)

Si tu aimes cette petite couronne de lauriers, ce col anglais et ces polos joliment cintrés, ou si tu aimes le reste de leur catalogue (besaces,  ou accessoires), alors faut que tu viendes à la Vente Presse Fred Perry :

Vente Presse Fred Perry

du 8 au 13 juin
60 rue de Caumartin (75009 Paris)
Escalier A, 2e étage (à gauche de l’extincteur)

Avant, je te conseille de faire un régime : ce sera taille M mostly ! Ça tombe bien, c’est la mienne. Bon non en fait, empiffre-toi, cher lecteur, ça m’en fera plus à reluquer.

Ah, j’oubliais : naturellement, si ça passe par le bouche-à-oreille blogosphérique, c’est que y’a de la réduc à la clé. Sinon ça serait pas du jeu. Et si t’es une fille, tu peux venir aussi, c’est unisexe.

(Trouvé chez Eamimi, la blogueuse qui fait hiiiiiiiii)