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On a tous du Lens en soi ?

Les crampons moulés, jusqu’ici sur ce blog on a pas encore beaucoup parlé de foot. On a pas beaucoup parlé de com non plus. Alors forcément, on a pas parlé de com dans le foot encore.

Aujourd’hui, on va parler d’une opération de com’ très hilarious : « On a tous du Lens en soi ».

Pour leur remontée en Ligue1, Reebok, le Karl Lagerfeld du RC Lens, a eu l’idée de faire un peu de participatif et de viral en mixant dans un grand blender 2.0 le concept du télé-crochet façon télé des 80’s et vidéos YouTube. Le concept : devenir l’ambassadeur du RC Lens. Comment le devenir ? En réalisant une petite vidéo et en présentant ses arguments irréfutables. Amour du maillot, look total sang et or, tatouage de Jean-Guy Wallemme sur la fesse gauche, chacun peut y aller de sa touche personnelle pour remporter les suffrages du jury.

Jusqu’ici, l’opération a l’air réussie : bon esprit, bonne compréhension de l’ADN du club, très populaire et qui fonctionne donc au participatif et au ludique.

Ça, c’est ce qu’on se dit avant de voir les vidéos.

C’est un vrai festival de casseroles vidéo après vidéo. Accent à couper au couteau, caricatures de cas sociaux tels qu’on peut en voir dans Striptease, inconscience complète de son image devant la caméra, propos totalement décalés prononcés avec un sérieux indécrottable…

Après visionnage, je me demande si Reebok n’a pas monté une opération de dupes. J’ai comme le sentiment que l’opubération a été montée pour filmer des caricatures de gens du Nord. Le rire condescendant du parisianiste moyen a l’air de jouer le rôle du véhicule viral. Car franchement, hormis le côté cultissime des vidéos, l’opération ne présente pas vraiment d’intérêt.

Merci à Reebok de montrer cette image des Ch’tis, ils en avaient bien besoin…

Le petit pont expliqué aux filles

Tu te souviens que la dernière fois, je t’avais laissé en pleine explication de la règle du hors-jeu.

Maintenant, y’a pire. Oui, pire.

Figure-toi qu’en discutant l’autre jour avec un ami sur les transferts mirobolants, tellement mirobolants que maintenant je suis obligé de compter en millions pour m’y retrouver (et je t’assure que convertir une baguette de pain en millions d’euros, faut vraiment s’appeler Bertrand Renard), y’a Rosalie qui s’est pointée comme si de rien n’était pour se taper l’incruste (c’est le mot) dans une conversation de human business.

Je te la fais courte, avec une ellipse.

En dérivant subrepticement sur le benchmark des meneurs de jeu, v’la-t’y-pas qu’elle sort la phrase de l’année : « Le petit pont, c’est quand tu as le ballon entre les pieds et que tu le fais passer au-dessus de l’adversaire. »

J’ai bien cherché. Je me suis d’abord demandé si elle confondait pas le vrai football avec Shaolin Soccer. Puis j’ai dû me rendre à l’évidence : y’avait confusion. J’ai bien tenté de visualiser, même que j’ai refait le geste sur mon parquet avec une vieille cannette, mais las ! j’ai rien trouvé. Alors ça a brainstormé sévère, avec deux hypothèses :

Le coup du crapaud de Cuauhtémoc Blanco (je vais appeler mon fils comme ça, ce sera la classe en CP)

Et le sombrero classique (attention c’est rapide)

Alors, on répètera une dernière fois : un petit pont, c’est quand on fait passer le ballon entre les jambes d’un joueur.

(Photo FlickRPiglicker)

La règle du hors-jeu

Je connais quand même mes classiques en matière de ballon rond, t’as vu ? Chris Waddle, le coup du sombrero, l’édifiante carrière musicale de Jean-Pierre François… et la règle du hors-jeu !

Eh oui, j’ai fait des études j’te rappelle !

Hier soir, donc, quelque part dans le 9e arrondissement, un ami avec un nom qui finit en -ec (tu vas voir, c’est pour la suite), fracasse ma porte d’entrée avec une brigade de SWAT encagoulés et me plaque au sol sonne chez moi. Quoi ? Comment ? Enfer et damnation !

Oui, à ce point-là, c’est enfer et damnation.

Cet ami (pour le moment encore) donc, a un défaut majeur : il est breton un soir de finale de Coupe de France. D’ordinaire, je suis très coulant avec les amis, genre je dis rien quand je vois un truc difforme saucissonné dans une robe trop petite et que ce truc difforme se trouve être la nouvelle copine. J’absous également les amis qui s’entêtent à commander des yakitori avec leur menu sushi. Altruiste et coulant, j’ai dit.

Mais là, c’est juste pas possible. Un samedi soir de mai, pour un match de foot ???

De l’indignation, il y eut. De la réussite il n’y eut pas.

(Ellipse)

Après tout ce temps, je me demande encore pourquoi les filles ont tant de mal à comprendre la règle du hors-jeu. Je veux dire, c’est pas comme si c’était aussi compliqué que la relation de Planck-Einstein ! Au moment de la passe, un joueur ne doit pas se retrouver entre la ligne que constitue le dernier défenseur et la ligne de but. Un cas de figure qui s’applique à chaque fois qu’il n’y a pas d’exception subtile, quoi ? qu’est-ce que ça a de si compliqué franchement ?

Et donc naturellement, les hommes ont dû expliquer aux femmes un élément central de leur éducation, un peu comme quand les filles nous expliquent comment courir avec des talons comme Carrie Bradshaw.

Après 90 minutes, après avoir assisté médusé à deux tours d’appart’ la bave aux lèvres et le beuglement caverneux en fond sonore, j’ai quand même dû me traiter à l’Aspifoot. Le corbeau jura mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(Photo FlickRJonathan_W)