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Fête du slip

à la culotte alaculotte blog de foot

Salut les meufs,

C’est peu cacher le grave état d’excitation qui est le mien. A un point tel que pas une seule fois dans les lignes qui suivent, je vais me relire. Parfois tu vas juste pas comprendre ce que j’écris, mais c’est pas comme si ce blog était une ode à la langue française.

Ça faisait longtemps que j’avais envie de parler de football. Tu me diras, j’aurais pu le faire ici. Mais entre les billets sponso et les billets socio, vous m’avez pas vraiment laissé de répit pour vous causer ballon qui roule. Et pourtant, ça m’a picoté les doigts plus d’une fois. Puis un jour, je sais pas, t’as dû lire la chronique consensuelle de trop dans l’Équipe, et tu fais un burn-out. Pour te situer, c’est un peu comme si tu lisais une énième fois dans ton Marie-Claire que la marinière c’est top tendance. Alors, devant tant de débilité modesque, tu te soulèves tel une armée de Spartiates (non, ça veut pas dire que t’es une grosse loutre dans ton canapé), et tu te dis que tu vas y aller.

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Fracture pas très sociale

fracture du bras radius cubitus

Salut les vomers, marteaux et autres étriers,

Il est de notoriété publique que mon courage n’a d’égal que ma résistance surhumaine à la douleur physique. Les mauvaises langues (féminines, donc) diront que sous leurs airs rudes et mal léchés, les hommes sont des êtres fragiles incapables de hiérarchiser la douleur. Quand ils en seront à se faire tirer le mouflet au forceps, ils comprendront, ces sales hominidés.

C’est platement faux. La douleur physique, en fait, n’existe pas vraiment je crois.

A neuf ans, à l’orée de l’été, j’avais décidé d’aller taquiner le cuir après avoir soutenu ma thèse de grammaire sur le plus-que-parfait. L’idée de faire des virgules avec les pieds après avoir passé la matinée à faire des virgules avec un stylo, sans doute. Mais de ponctuation footballistique il n’y eut point, puisque je fus désigné gardien de but pour la récré, avec mes gants Dior flambant neufs. Et de plongeons qui rapiècent les jeans en glissades qui trouent le cul du pantalon, je m’en allai gaiement pour sauver ma cage inviolée, en espérant que Julie N. (toujours la même, mais j’ai fini par la choper, quand même) remarque mes prouesses et fasse l’analogie : si je pouvais arrêter des ballons, je pourrais arrêter les percepteurs, les maladies et les gouttes de pluie qui dégueulassent les vitres dans notre loft à Jacques Bonsergent.

Quand t’es petit, t’es pas vigilant. Suffit de cinq arrêts pour se croire invincible, complètement invulnérable. Crac.

Faut dire que dans la cour de récré, il y avait David L. 1m40, 40 kilos tout mouillés, mais quand il tapait dans le ballon, valait mieux se carapater. En défense, j’offrais mon postérieur sans craindre les picotis. Dans les cages, je ne pouvais décemment tourner le dos à l’ennemi. Alors je mis ma main très molle en opposition. Douleur brève compensée par la joie intense d’avoir stoppé la marmite de David L. Mais la douleur persiste et, courageux autant que responsable, je sollicite le changement pour faire passer la douleur.

On remarque le courage, les gonzesses. Pas une plainte, pas une larme.

fracture du bras radius cubitus

Photo FlickRMobil’homme

Cinq minutes qu’elle est là, la douleur, quand même. Pourtant, j’arrive à bouger les doigts. Courageux mais pas téméraire, je m’en vas quérir l’attention du maître à lunettes que « M’sieur, je m’ai fait mal ». Sans prendre de gants (par respect pour moi qui avais retiré les miens), M’sieur le Maître me manipule. Ah oui tiens, ça fait quand même mal, me dis-je songeur.

« Hum, va dans la salle des maîtres. C’est peut-être une fracture ».

Eh bien, croyez-le ou non, mais ce diagnostic lâché si vite, ce mot de deux syllabes, m’a tirer des torrents de larmes. Putain, quoi, une fracture ! Je ne savais même pas ce que c’était, comment ça se soignait. J’imaginais déjà les scies égoïnes et les silex pour me terminer les tendons, le bras artificiel en métal qui aurait été rigolo devant les copains. Je n’avais presque pas mal et pourtant, rien que le fait de savoir que j’avais une fracture, c’était déjà la mort du petit cheval.

A l’hôpital, ils m’ont confirmé sous mon air résigné que c’était bien une-double-fracture-radius-cubitus. Merci David L. ! Une double fracture un 23 juin avec plâtre jusqu’à l’aisselle. Vous fatiguez pas, ce fut la fin de toute élégance tant vestimentaire qu’hygiénique. Va jouer les modeux quand t’es infoutu de porter du manche longue sans ressembler à un infirme de 14-18. Et va trouver un stratagème plus glamour que l’aiguille à tricoter pour te gratter le coude.

Le Grand Jacquot avait tort : la fracture, elle n’est pas du tout sociale.

Photo FlickR (en haut)CORE-Materials

Si tu ne comprends rien au mercato, dis-toi que c’est comme des soldes

van der vaart

J’ai bon espoir que depuis la Coupe du Monde 1998, vous ayez compris la règle du hors-jeu. Mais pour ces dames qui auraient encore du mal à saisir toutes les subtilités techniques du football moderne, il faut aborder un problème très complexe : le mercato. Quoi de plus ardu à imaginer qu’un gigantesque marché aux bestiaux sur crampons, jugés sur leur pedigree, leurs performances actuelles, leur style (de jeu), et leur capacité à s’intégrer avec toutes les autres pièces de son vestiaire, et qu’on est prêts à s’arracher à coups de millions ?

En fait, c’est assez simple, on le voit : le mercato, c’est comme les soldes.

Il faut déjà distinguer le mercato d’été du mercato d’hiver. Comme pour les soldes, le mercato d’été c’est le moment privilégié où l’on reconstitue sa garde-robe à deux pattes. La rentrée approche, les projets abondent, c’est le moment de toutes les folies budgétaires. Du coup, on a un peu la tête dans le guidon et l’on n’y regarde pas à deux fois avant d’aligner les ronds, grisé qu’on est par l’excitation de tous ces millions qui défilent et par les jolis tricots d’un avant-centre en plein passement de jambes. C’est un peu la raison pour laquelle le mercato d’hiver est morne et fade : on essaie en priorité de faire du vide-dressing pour se débarrasser de toutes les pièces hors de prix qu’on s’est payées au mercato d’été, histoire de faire quelques réajustements de vestiaire.

C’est tout le problème. On n’y trouve que deux types de pièces : celles qui sont de saison parce qu’elles ont fini leur championnat (soit l’Amérique du Sud, soit la Scandinavie), et les vieilles fripes dont personne ne veut plus et qu’on est prêt à brader au premier quidam venu, même s’il faut aller l’envoyer dans des dressings où elles côtoieront des survêt’ Adidas 1978 et du t-shirt Delaveine (comprenez : les divisions inférieures ou les destinations peu reluisantes ; en ce moment, la cote est à Chypre). Le choix est rude entre de la chapka rustique et du paréo qui sent bon la caïpirinha. Le reste, c’est de la collection non soldée, qu’on préfèrera regarder en fin de saison pour les soldes d’été. Pas grand-chose de vraiment excitant donc.

ricardo quaresma

Ricardo Quaresma – Crédit photo : Panoramic

Sauf qu’il y a parfois quelques bonnes pièces. Ce n’est pas parce qu’elle est griffée et qu’elle a du style qu’une pièce sera jolie dans tous les vestiaires. Encore faut-il savoir la porter et la mettre en valeur dans son dressing sur crampons. Dans deux garde-shorts distincts, une même pièce pourra être tantôt guenille, tantôt sublime. Malgré les bourses vides du mois de janvier, malgré la déprime ambiante, malgré la faible offre sur le marché, il reste possible de faire la bonne affaire en allant convaincre un concurrent que ce sublime caban (diawara) lui va comme un sac.

Pour ça, on applique aujourd’hui les techniques deuxpointzero. On ne se déplace plus pour faire les soldes et mettre les pièces à l’essai en espérant bénéficier d’un droit de rétractation de 7 jours. On faxe. On téléphone. On textote. Bientôt, on aura carrément des ventes privées sur Internet.

Et si l’on est plusieurs sur le coup, on n’hésite pas à s’arracher la pièce en surenchérissant. Car, finalement, c’est la seule différence avec les soldes féminines : on ne s’arrache pas un joueur comme un vieux vêtement, on fait la course aux millions. Chacun sa technique.

Photo d’en haut : Rafael Van der Vaart – Crédit Photo : Reuters