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Y’avait du next à Who’s next

Pelecanus erythrorhynchos (on innove),

Ce week-end, invité par Luc Mandret de l’Agence Elan, je me suis rendu au salon Who’s NeXT en compagnie de Marion et de la Brunette pour faire une revue d’étalages de ce qui sera next à l’été prochain. Et c’est pas peu dire qu’on s’est bien amusés !

Nous fûmes fort déçus de voir qu’en fait, il n’y avait pas que des modasses overlookés. Who’s next est avant tout un salon de rencontre entre créateurs et revendeurs, plus qu’un vaste marché aux tendances pour les shop-addict. J’en veux pour preuve le nombre incalculable de créateurs qui nous ont demandé « Vous avez un magasin ? ». Quand on leur a dit que non, on était des blogueurs (over influents), je te raconte pas la tronche qu’ils tiraient, du genre ah ouais des petits merdeux qui écrivent avec leurs pieds et se prennent pour les Mademoiselle Agnès de la toile. Ils ont touché juste, non ? Le palme du mépris revient sans conteste à la madame de chez Kaporal qui a tiré un rictus très moche et lâché un « Ah. Et je peux savoir qui ? » quand elle apprit la terrible nouvelle de notre activité cybernétique.

Keuwa ? Vous êtes allés chez Kaporal ? Mais c’est pas du tout chic, ça ! t’étrangles-tu devant ton ordinateur. Oui, mais on a une bonne raison.

C’est que, tu vois, on s’est dit qu’il était plus drôle de vous présenter les pièces les plus horribles du salon. Bête comme mes pieds, j’ai cru que dans « Who’s next », il fallait comprendre next au sens de « dégage », un peu comme dans l’émission de téléréalité de Virgin 17 ou des CSP- draguent des Pétasses+. Alors, en exclusivité pour toi (encore un scoop que Morandini n’aura pas), voici ce qu’on NE va PAS porter l’été prochain :

Cette jolie robe ira à ravir pour tes concours de Cosplay. Mais à moins de t’appeler Akiko Shinogawa et d’aimer les algues séchées, c’est next.

Cette veste est parfaite pour tes vacances en Guadeloupe ou si tu es modèle pour une marque de planteur. Dans tous les autres cas, tu auras l’air d’une carte Micheline. (Non, tu n’as pas vu mon doigt devant l’objectif, je proteste). Next.

On dit souvent qu’une belle paire de collants électrise une silhouette et dynamite l’atmosphère. Avec cette paire de collants, une chose est sûre : tu ne connaîtras pas le coup de foudre. Next.

Cette année, en lisant Direct Matin dans le métro, j’ai cru comprendre qu’une crise avait frappé le marché de la Bourse et que les actions étaient tombées (me demande pas les termes techniques). Il paraît depuis qu’on est recession, et que tout le monde vit petitement. Avec ces santiags dorées-cloutées-diamantées-léopardées, tu peux faire un joli fuck à la crise. Mais c’est à peu près tout. Next.

Ma pièces préférée du salon ! Les bottes en laine du IIIe Reich, les amis, du IIIe Reich ! Admire l’aigle à deux têtes et le mot : ZDAR (Tzar ?) ! Avec cette paire de bottes, tu restaures à coup sûr ton autorité et tu as tôt fait d’envoyer au goulag les mencheviks pas fashionista pour deux kopecks. La photo ne dit pas s’il y a un dessin sur les semelles, histoire de le graver sur la joue de tes ennemies les putes-modeuses.

Ce modèle est issu d’une nouvelle tendance : la rencontre créative entre une designeuse et le directeur artistique de Saint-Maclou. Avec ce modèle, une certitude : lors des soirées, tu feras tapisserie.

Next. Tout simplement.

Il faut vous conter l’horrible histoire de cette photo. Vagabondant nous étions parmi les stands quand soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit une hôôôôôôtesse en noir. Elle sortit quelque chose de sa besace. Ni une, ni deux, en bon gentleman, je me précipitai sur les deux filles pour les couvrir du feu qui allait s’abattre sur nous. J’entendais déjà le bruit assourdissant des balles. « Mais non, que vous êtes couillons, qu’elle a dit l’hôtesse en noir. Tenez, des tatouages Cathy Guetta ». Et, se précipitant vers nous pour nous les coller dans la main, elle partit précipitamment.

Mais je ne vous ai pas présenté, les amis, le plus savoureux morceau : le stand Ed Hardy/Christian Audigier. Il faut dire qu’on pouvait difficilement rater Christian Audigier : il avait le plus grand stand en plein milieu du salon, un espace lounge VIP (haha), des voiturettes qui promenaient les passants, etc. Il fallait donc que nous vissions le stand (j’aime bien vissier). Et… Comment dire… Le mieux c’est que tu regardes :

Voilà donc la nouvelle tendance pour l’été prochain : des imprimés dorés flashy et bling-bling, un style gangstanista du plus bel effet. Le pire ? Il compte vendre en France. L’exil professionnel n’a pas que des avantages, il a aussi des inconvénients : on oublie simplement que les modes évoluent.

Mais ce n’est pas tout les amis. J’ai vu aussi des jolies choses à Who’s next grâce à Luc Mandret. Demain, on fait un billet sur les chouzes. Avec une interview exxxxxxclusive, je ne te dis que ça ! A vous Cognacq-Jay, à vous les studios !

Who’s next ?

Ugh (Thomas) les scalps,

Je serai au salon Who’s NeXT samedi et/ou dimanche dans le grand tipi du Paris Expo. Et j’irai fumer le calumet de la paix avec les gens de chez Faguo, que mon filtre anti-spam a odieusement retenu en otage pendant ouh là là 15 minutes. Et puis j’irai me convaincre que définitivement, les motifs Liberty n’arriveront pas dans la garde-robe masculine avant 10 ans (sauf chez Antoine Oyé). Mais benchmark oblige, j’irai aussi voir ceux de chez Feiyue.

Tu te rends compte ? Ces vilains de Paul&Joe ont snobé Who’s NeXT cette année et ouvrent leur propre salon. Mais ça gossip à mort, dans le carton à chapeaux et la malle à fringues !

Et tant qu’on en est à parler d’aller dans un grand tipi, je n’espère pas y croiser Franky Vincent. On ne s’en lasse pas.

Je vous laisse, la cloche a sonné, l’école est finie, je rentre manger mon Petit Filou !

On se fait une (basket en) toile ?

Le teasing putassier à la Morandini, ça va bien deux minutes, il faut savoir donner au lectorat en délire son pain quotidien. Hier, on parlait grolles et baskets, et on se rendait compte que si la fontaine de Jouvence ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, on peut cependant la trouver sous la semelle d’une paire de sneakers.

Aujourd’hui, on va débrancher son cerveau. Clic.

L’autre jour de la semaine dernière, quand j’ai regardé mon placard à chaussures, je me suis dit que ce serait bien de vous faire un benchmark des différents modèles de baskets en toile. C’est l’été, le style old tennis revient en force depuis l’an dernier, et les sneakers en toile pullulent aux pieds des Parisiens. Comme benchmark bien ordonné commence par le mauvais, on démarre par les sneakers les plus caca.

J’ai déjà expliqué mon rapport complexe avec Fred Perry. J’aime beaucoup la marque, surtout leurs polos, surtout la coupe d’ensemble et celle du col. Pour autant, j’ai beaucoup de mal à apprécier leurs chaussures. La Vintage Plimsoll a un peu tous les défauts : la toile est trop rigide, la basket a un aspect massif qui rend le pied obèse, et surtout, elle est flanquée devant et derrière, de deux gros boudins de caoutchouc particulièrement immondes. Quand je les porte (c’est très rare), j’ai l’impression qu’elles sont lestées de plomb tellement elles sont lourdes. Si vous aimez les targettes d’éléphant, allez-y, faites-vous plaisir…

A l’inverse, le seul modèle qui est globalement potable, c’est la Kingston Plimsoll. Le volume d’ensemble a fondu, les lignes sont épurées, le modèle derby de la tige (là où que y’a les lacets) a été aminci pour mieux suivre la forme du pied. Mais il reste encore cet aspect un peu sabot qui m’empêche de les apprécier pleinement.

Les Superga, n’en parlons pas. C’est Fred Perry, mais en version ciment. Il y a beaucoup de coutures sur la chaussure qui brise la beauté d’ensemble, toujours ces boudins immondes. Mon père a des chaussures de bateau Helly Hansen qui me font le même effet, c’est dire.

Feiyue, ça a longtemps été mon chouchou chaussural (Bescherelle certified). Toile très fine, qui épouse relativement bien le contour du pied, jolie couleur et joli logo, semelle très fine aussi. Ça donne des chaussures très légères et très mobiles, parfaites pour les escapades. J’ai acheté tout de suite le modèle classique, Lo rouge et bleu, que j’ai été immédiatement salir de manière scandaleuse avant de les laver et de les brosser grossièrement : la toile s’est brunie (marronnassée serait plus exact à vrai dire, et oui c’est toujours Bescherelle certified), donnant au début un aspect un peu crade, mais avec le temps et l’usage, la toile a pâli et maintenant elles sont joliment patinées !

Et puis, récemment, je suis entré en rébellion chaussurale. Zut, quoi, pourquoi tout le monde achète le modèle rouge et bleu ? J’ai donc décidé d’organiser une action coup de poing : j’ai acheté un autre modèle (oui bon). Les vertes et les bleu-orange étant relativement courantes aux pieds des Parisiens mi-followers mi-trendsetters, j’ai opté pour le modèle jaune-violet. Mais depuis que j’ai ce modèle, rien ne va plus ! Le charme oriental des Feiyue s’est un peu dissous.

Entre temps, j’ai découvert les nouveaux modèles de chez Tretorn, et surtout la T-56. Comme pour Feiyue, la petite marque suédoise de vêtements nautiques ressort un modèle ancien, 1956 en l’occurrence. Et là, je dois avouer que c’est le shoes crush, comme disent les modasses. La forme de la chaussure épouse parfaitement le pied, on a l’impression de sortir pieds nus. La semelle est très fine et le modèle d’ensemble est très léger. J’ai pris le modèle noir, qui mincit encore le pied. Très bon choix !

Mais depuis quelques jours, j’ai découvert une nouvelle marque de sneakers : les Faguo. Faguo est une petite entreprise française qui se lance dans la chaussure franco-chinoise écolo. De la toile, une fine semelle, un bouton cousu pour l’accessoirisation, et c’est tout ! Je m’interroge tout de même sur la stratégie en termes d’image : Feiyue a déjà réussi sa success story sur la chaussure des bonzes ressortie des vieux cartons. Du coup, je saisis mal l’opportunité pour Faguo d’aller tenter l’aventure orientale… Mais le modèle est simplement splendide, la bleue marine me drague de manière éhontée !