Les fashion weeks commencent, et ça défile sur les podiums avec ses haillons sur le râble. Pour ceux qui aiment les puzzles, les défilés sont toujours un moment très ludique. Il faut trier parmi les sapes les immondices tricotées, les délires de créateur cher payé qui servent à sa promo personnelle, les pièces importables mais qui donnent le la des prochaines tendances prêt-à-porter, et les pièces sur lesquelles tu te jettes dessus. Quand j’étais petit, c’étaient les petits pois des carottes que je triais, comme quoi il y a une continuité.
Qu’est-ce qu’on retient du défilé Burberry Prorsum 2010 ?
De manière générale, on aura deux manières de regarder la collection : celle qui s’arrêtera devant les coloris olive, kaki et moutarde, et celle qui ne s’arrêtera que devant des coloris beaucoup plus urbains (encre, marine, gris décliné).
Que la Seconde Guerre Mondiale n’est pas finie et qu’on déterre tous les ans des pilotes dans leur manteau de combat (1). Qu’on va chercher l’inspiration dans les vieux Disney, ici les 101 Dalmatiens (2). Et qu’accessoirement, c’est importable, inopportun, et fade.

Que ce n’est pas parce que c’est Burberry et Christopher Bailey qu’il n’y a pas de jemenfoutisme niveau coupes (3-4-5-6). Parmi les pièces de la collection, on retrouve beaucoup de coupes très larges, parfois difformes. L’oversized est une tendance féminine pour cette année, mais pour les hommes, c’est juste moche.

Que le sequin pour homme arrive avec ce manteau surdécoré aux poignets (7) qui prend son inspiration dans les redingotes XVIIIe brodées (gardez un œil sur les redingotes, gardez un œil) et le t-shirt studdé façon galons (8). On aimera ou pas la débauche de cliquetis : en l’état, c’est un peu beaucoup, mais ça devrait dessiner une tendance pour les prochains mois.
Que les vestes officier tradi se déclinent en vestes courtes, l’une très stricte avec col officier et pattes d’épaulettes (9), l’autre à mi-chemin entre le militaire et l’urbain chic avec le col très classique (10).

Et enfin, last but not least, le coup de cœur de la collection avec ce manteau zippé à col aviateur (11). On se met bien d’accord histoire d’éviter les malentendus : on dézippe le bas, sans intérêt, et l’on transforme le tout en un superbe spencer. Elle risque de tenir un peu trop chaud pour être portée en soirée vu la matière, mais elle aura la faculté d’habiller la silhouette avec un côté très très vintage (on sort du XXe siècle). Si vous croisez Papy Boyington chantant la Carmagnole, dites-vous que c’est une publicité pour Burberry…

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