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How to seduce a lady CSP+ ? »

[31 août 2009 | 11 commentaires]

Bonjour ou bonne nuit,

La semaine dernière, il y avait un gros vilain à AmEx Gold et à sourire ravageur qui nous barrait la route vers la CSP+. Qu’est-ce qu’il était méchant tout plein, à faire genre ouais tu peux concourir minus de toute façon t’as aucune chance, ou carrément à nous menacer de nous déboîter la mâchoire. Mais fort heureusement, on a la solution. Elle découle d’un vieux principe moldave : si t’as pas de bras, j’espère pour toi que t’as un cerveau, sinon t’es mal barré.

Voici donc quelques possibilités de roublardise. Pour chacune, on évitera la réponse en contact trop rapproché, par mesure de précaution (oui, car le douchebag cspéplusé a une sacrée allonge) :

« Monsieur,

Tout à l’heure vous m’avez signifié assez clairement que ma tentative de séduction auprès de @la_csp+ était un gros #fail.

Je suis au regret de vous dire que, fort d’un page rank Google de 7, d’un nombre de PV de 65 000 par mois provenant de 24 000 VU, d’un actif de 1 500 followers sur Twitter, 2 300 friends sur Facebook (tu sais, le truc auquel tu viens de t’inscrire, pauvre n00b), et d’un panier déjà rempli de plus de 45 invitations blogueurs en un an et de 150 produits publicitaires offerts, je suis en mesure de vous salir salement la réputation sur le ouaibe 2.0 #epicfail.

Mais ma magnanimité sera grande (cmb). Laisse-moi la CSP+, et je ne m’abaisserai pas à ruiner ta petite (ctb) image.

Tu peux pas test.

XOXO »

Concurrence déloyale

« Bro,

Bon, on va pas se la raconter. On est chez Marlusse&Lapin, de la brune à gros salaire, il n’y a que ça.

Alors je te propose un deal : tu me laisses la CSP+, et je te laisse toutes les autres. Ca me semble un deal acceptable, t’en dis quoi ?

En prime, je t’offre un mojito.

Le mec là-bas »

Entente sur les prix

« Hey mec,

Je crois que tout à l’heure au bar, j’ai pris ton iPhone par mégarde. C’est dingue, ils se ressemblent tous, et j’avais pas fait attention que le mien était dans ma poche. Je pianote dessus depuis quelques minutes et je trouve des trucs super intéressants.

Je pense que la CSP+ qu’on convoite tous les deux sera ravie d’apprendre que dans le dossier « Targets août 2009 », son numéro figure en compagnie d’une Yseult, de deux Mélanie, d’une Constance, d’une Lucie, d’une Salomé et d’une Jeanne. Ca va, tu tapes dans le haut-de-gamme, toi ! Et je suis super content d’apprendre en lisant ton agenda que tu as rendez-vous chez ton proctologue mardi prochain.

Si tu veux garder tes targets et ta réputation intacte, tu sais ce qu’il te reste à faire : get out while I get laid.

Dude. »

Espionnage industriel et chantage

« Hey mec,

Rien. Haha.

Pendant que tu lis ça, tu n’as pas vu que je m’étais approché de la table de sa table et que j’avais entamé la discussion. Mince, comment tu vas faire ? Venir me fracasser sous ses yeux et prendre le risque de louper ta target ? Si tu veux jouer sur le même terrain que moi, va falloir attendre ton tour.

Kissou »

Conquête de PMA et victoire concurentielle

Là-dessus, le douchebag cspéplusé roule la feuille en boule, se mord le poing, et s’en va. La sagesse moldave a des vertus inespérées. Par contre, elle est suceptible de t’envoyer croupir 75 ans en prison.

La semaine prochaine, level 2 ! On a réussi à approcher la CSP+ !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#7 — La concurrence libre et non faussée
#6 — Love at first poke ?
#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

How to seduce a lady CSP+ ? »

[24 août 2009 | 15 commentaires]
Elegance Academy #7 — La concurrence libre et non faussée

Si la CSP+ est toujours célibataire à trente ans, ce n’est pas par un manque d’occasions. Bien au contraire. Au supermarché des mecs branchés à bonne situation et à fort compte en banque, elle est tellement sur-sollicitée qu’elle se retrouve dans la même situation que si elle devait acheter un shampooing. Dès lors qu’il lave et qu’il sent bon, comment faire son choix : au joli package ? le démêlant ? le revitalisant cheveux blonds longs et fins qu’on lave le mardi et le samedi ? le spécial cheveux bruns un peu fatigués par le soleil d’Arcachon mais qui frisouillent très vite ?

Autant dire que lorsqu’on cherche à séduire une CSP+, s’imaginer être en position de monopole pour satisfaire ses besoins relève vite de l’utopie meurtrière. Qu’on se le dise : le modèle concurrentiel de la séduction ressemble moins au trio Coca-Pepsi-Virgin qu’au marché des escarpins trendy. La CSP+ est toujours un morceau de choix au rayon boucherie : délicat, rare et onéreux, il attise la convoitise des pauvres qui bavent d’envie comme sur un gigot du dimanche et des friqués qui traquent les morceaux nobles pour se démarquer du bas peuple qui consomme les abats et les restes. Et, comme tout ce qui est rare et cher, la CSP+ en séduit plus d’un — dont toi, n’oublie pas ton objectif.

Voici donc un petit manuel de survie dans l’univers concurrentiel de la séduction, l’objectif étant naturellement de tailler à la serpe des PMA — parts de marché affectif — dans un marché libre et non faussé.

LA CONCURRENCE BIAISEE

Vous êtes chez Marlusse & Lapin, autre troquet prisé des CSP+ à longue chevelure. Elle est là, assise sur une table d’angle mi-banquette, mi-chaises, avec deux amies à longue chevelure et à ongles rouge pétard, toutes trois devant un verre de Chardonnay. En ayant bien pris soin de vous dé-douchebaguer au préalable, vous êtes sûr de votre coup, cette fois-ci. C’est le bon endroit, vous pouvez tenter une approche. Votre objectif : l’emmener dans le coin chambre cosy au fond du bar, pour terminer la soirée en pre-lovers. Sauf que.

Il y a cet hombre über-sexuel dans son costume Salvatore Ferragamo à un SMIC, quand vous exhibez fièrement partout où vous allez votre pull Dirk Bikkembergs que vous avez péniblement arraché lors d’une solde d’hiver. Lui, est coiffé d’une raie so preppy à la JFK, quand vos cheveux broussailleux sont en rééducation dans un camp de Marines pour les discipliner. Lui, peut se permettre ce soir d’offrir élégamment aux trois demoiselles un ou deux magnums de Veuve-Cliquot, quand vous ne leur offrirez que des mojitos en veulent-elles, en voilà. Lui, est manager chez Ernst&Young, quand vous venez de signer votre CDI sous-payé de chef de pub — l’inflation des titres, la déflation des salaires…

Quoi que vous fassiez, élégamment ou non, l’hombre über-sexuel aura toujours une longueur d’avance grâce à son capital de départ. Bienvenue dans la concurrence faussée.

Photo FlickRDrCraig

LE CHALLENGE IMPOSSIBLE

La chance sourit aux audacieux, vous dites-vous si vous avez un minimum de lettres. Sur un malentendu ça peut marcher, vous dites-vous si les lettres vous font défaut. Offrir de la Veuve-Cliquot à une desperate bachelorette, quel manque de classe, c’est lui augurer un avenir sentimental des plus noirs possible. Voilà que l’hombre übersexuel est un colosse aux pieds d’argile. Certes chaussés de Berlutti, mais d’argile quand même sont ses pieds manucurés.

Vous allez le challenger, et qu’importe si dans l’arène vous êtes le frêle boxeur de Mulhouse et lui Muhammad Ali au sommet de sa gloire. Que vous croyez.

Armé de votre plus beau sourire et de votre carte bleue, vous comptez bien lui montrer que la valeur n’attend pas le nombre des zéros alignés sur votre compte bancaire. Sauf qu’au moment où vous passez devant lui, vous déchantez vite. Non content d’avoir une AmEx Gold, l’hombre übersexuel possède un tour de biceps gros comme vos cuisses. Et visiblement, vu la façon dont ils tressautent sous son costume, il ne semble pas passablement enchanté par l’idée que vous lui piquiez sa target.

Le voilà qui menace de vous intenter un procès coup de poing pour concurrence déloyale. Vous avez parfaitement le droit de remettre en cause son monopole, mais ce sera à vos risques et périls, et ses dix avocats conglomérés en deux cabinets de cinq, Mandale&Torgnole, semblent plutôt dissuasifs. Bienvenue dans la concurrence non-libre.

Devant l’entrelacs des procédures juridiques auxquelles vous pigez que dalle, il vous reste deux solutions : vous écraser ou relever gaillardement le défi de la séduction en milieu sévèrement concurrentiel.

La suite du feuilleton la semaine prochaine !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#6 — Love at first poke ?
#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

Off work, Paris by night »

[20 août 2009 | 11 commentaires]

Les amis, hier c’était un jour anniversaire (un peu en avance, mais bon) avec Rosalie. Pour l’occasion, j’ai été chargé autocratiquement de trouver un restaurant « sympathique-avec-terrasse-et-branché-et-pas-loin-des-Batignolles-parce-que-je-veux-pas-trop-marcher ». Dont acte.

Moi qui pensais bêtement qu’en 2009, il suffisait encore et toujours d’aller chez Castel pour jeter de la poudre aux yeux dans les mirettes, fort marri je fus quand j’ai reçu le cahier des charges de la soirée. C’est que, bordel, aujourd’hui elles ne lésinent pas sur les symboles, les working-girls !

Mais c’est que sur la blogosphérie, à l’heure des réseaux sociaux qui clignotent dans le flux 2.0, on peut trouver rapidement un restau branché, recommandé par la gastronosphère en tablier et culottes courtes. Alors, entre deux slides PPT et un tweet, y’a eu de l’échange de textos dans l’open space.

Jules ­— 11h03

On va chez Kloog, 61 rue Guy Môquet

Rosalie — 11h05

Kloog…

Jules — 11h08

Mais si, c’est bien, c’est un truc bio, tu sais avec du quinoa et des machins à la taxe carbone aussi chargée que la langue de Gérard Depardieu après une soirée œnologie. Mais comme c’est exotique, ça passe. Normal.

Rosalie — 11h12

Avec un nom pareil, je sens le trip régressif, on va manger du gaspacho de fraises Tagada et un fondant au Mars… Je te fais confiance, mais j’espère qu’il y aura de la terrasse !

Jules — 11h14

Non, pas de terrasse je crois, mais la déco est sympa, on mange dans une chambre d’enfant.

Rosalie — 11h15

Euh…

Rosalie — 11h15

T’es chiant, qu’est-ce que je disais trip régressif pffffff

Rosalie — 11h16

Pourquoi pas un crématorium tant qu’on y est ???

Le Kloog donc, les amis, c’est un tout petit restaurant charmant tenu par une seule restauratrice. Ça ressemble un peu à la cantine d’autrefois. Vous savez, celle où on allait le midi en s’asseyant sur des petites chaises en plastique autour de tables octogonales, et même que les plats étaient servis dans des barquettes en aluminium. Les brocs en alu, les verres Duralex avec le numéro dedans où qu’on devinait notre âge et qu’on était super fiers quand on pouvait parader en disant « J’ai 26 ans nananinanère », mais qu’on tirait trop la tronche quand on avait 4 ans (alors qu’on en avait 8 en vrai, quoi !).

Photo Aude Baron

Bref, le Kloog, c’est un peu cet esprit régressif. Pour ceux qui aiment l’idée, on dîne dans une chambre d’enfant aux couleurs acidulées et remplie de jouets. Quand tu n’es pas préparé, ça te fait toujours un choc. Jamais mes parents n’ont voulu que je repeigne mes murs en vert pomme (trop relou, vas-y), et mon rêve d’enfant d’une chambre où tu ne pouvais pas faire un pas sans faire un faceplant à cause des jouets qui traînaient s’est matérialisé devant ce petit resto-bric à brac. Pour ceux qui n’aiment pas par contre, tu peux te la jouer « chuis trop grand » et dîner dans le salon des parents, au fond du restaurant.

Tout te rappelle le joyeux temps de ton enfance : les crochets alignés sur une barre et fixés au mur pour pendre ton manteau, comme avant, comme à la cantine ; les tables en bois grossier, sans nappe ; les chaises en gros plastique rouge ; les BD Kid Paddle ; les contes pour enfants… et le menu !

Côté menu, c’est du bio à mort les amis.

Même qu’avec Rosalie, on s’est regardés d’un œil gourmand en se demandant si on allait pas se faire une bataille de quinoa comme on faisait en CE1 avec la semoule de couscous, ou si refuser de manger les légumes était so it de l’attitude dans ce lieu tout plein de souvenirs.

Puis finalement, on s’est dit que c’était dommage de venir chez Kloog et de pas tester le kloug. Parce que oui, comble de l’ironie du sort céleri rave party fine amor amor de Cacharel parfum, dans les desserts, il y a une sorte de kloug.

Photo Aude Baron

Mais attention, les copains, ne faites pas comme Rosalie et moi : à partir de 23h30, la dame de la cantine ne sert plus. Privés de dessert nous fûmes, avec l’impression coupable d’avoir fait une bêtise en sirotant trop lentement le bon Saint-Pourçain (ça change de la grenadine !). Du coup, on a pfffffé en pleurnichant, mais la dame nous a consolés en nous amenant avec l’addition un carré de chocolat et une fraise Tagada. Alors, avec gourmandise, on est rentrés chez nous rassérénés.

Manquait plus que nos cartables plus larges que nos épaules et le cri strident de la sonnerie de 16h30. Mais il est était minuit passé, en même temps, l’heure jusqu’à laquelle on rêvait de veiller quand on apprenait à conjuguer le verbe « rêver » à l’imparfait.

Chez Kloog

61, rue Guy Môquet Paris 17
Pour la critique gastro, c’est par là