Tag Archives: blogosphère

La révision des 10 000 (commentaires)

On est le 30 décembre, donc c’est un peu le moment de verser les dividendes aux actionnaires.

J’ai peu l’habitude de causer des coulisses du blog, d’exhiber le nombre de followers, de raconter mes modifications, machin toussa. On en a causé , et , mais c’est tout. Donc, aujourd’hui on va faire un bref bilan de ce blog et dresser les perspectives pour l’an prochain.

Depuis 6 mois, j’ai eu 1 200 commentaires à mes 110 futilités. Vous avez pas autre chose à foutre, sérieux ? Allez poser votre prose sur des blogs politiques et écologiques, c’est pas ici qu’on va refaire le monde ! Ici, on a beaucoup causé de chic, de CSP+, de sociologie et de n’importe quoi. Par contre, on cause peu télé et pipole, faudra organiser un colloque sur le sujet pour trouver les causes. Vais demander à Eamimi de faire la consultante de choc, tiens.

Mais trêve de chiffres.

Faut que je vous dise à quel point c’est rafraîchissant de bloguer ici, de vous faire découvrir les nouvelles tendances socio, et de répondre à vos commentaires encore plus barrés que mes billevesées blogosphériques. Ça, quand vous entendez causer de megging ou de gras du bide so hype, ça vous fait réagir, pour sûr.

Je dois avouer cependant que j’ai un peu un goût d’inachevé dans la bouche, comme un mauvais caviar qu’aurait pas les grains qui croquent. Je me rends compte depuis quelques temps que chez les mecs, sortis du marketing webdeux et des machins techno, ben ça aime pas trop causer d’autre chose. Réveillez-vous, quoi ! Je suis un peu tout seul à causer fringues, lifestyle et trucs trendy sur Paris ou bien ? Alors si vous avez des liens touchant à la chose, je vous saurais gré (eh ouais, c’est pas parce qu’on cause de trucs frivoles qu’on mange pas son Larousse au ptit dej) de bien vouloir me les indiquer en commentaires.

Du coup ici, ça fait un peu le coq au milieu du poulailler (no offense, mesdames). Pour 2010, donc, l’objectif fixé est de foutre un peu de testostérone au milieu de tous ses oestrogènes, surtout qu’avec JulieBBG, le taux grimpe en flèche.

Pour 2010 aussi, on va tenter de faire aboutir certains projets sur ce blog, en variant un peu les formats. J’ai envie de toucher à d’autres choses, mais tout cela demande de la planification et de la coopération. Je pense que vous aurez compris que ça se marie mal avec ma personnalité très last-minute, mais bon. Je me rends compte qu’en vous lâchant ça, je m’engage un peu à les réaliser sous peine de vous décevoir. Mais j’ai quand même sacrément bon espoir que vous ayez une mémoire de bulot cuit (s’il vous plaît)…

Je vous fais des bisous tout plein les copains, merci merci pour toutes vos interventions, vos replies, vos RT, merci aux lecteurs anonymes aussi.

Et quand même, je fais un kissou dédicacé à Luc Mandret.

Pour bien finir l’année, je vous réserve demain un billet spécial socio de la Saint-Sylvestre. Et vous voudrez bien me reverser 2% des recettes générées par le maintien de vos amitiés post-réveillon.

Photo FlickROSU Commons

Melon blogosphérique et new modesty

C’est pas le tout de jouer les snobs à la ville, il faut aussi savoir l’être derrière l’écran.

Depuis que les machins sociaux ont essaimé partout dans les journaux, jusqu’aux magazines féminins qui donnent chaque semaine l’impression d’être la poule qui est tombée sur un ver et qui caquète à qui veut l’entendre sa trouvaille (typiquement Elle), tu ne peux plus passer une journée sans en entendre parler.

Seulement, le travers des réseaux sociaux, c’est le mode gros melon que tu développes systématiquement. Ah ça, sur Twitter, y’en a qui sont champions pour nous donner de l’opé par-ci, de la VP par-là, pour transformer leur timeline en Voici version me, myself and I. Mais le phénomène n’est pas propre à Twitter, et si vous remarquez bien vos amis Facebook, il y en a toujours au moins un dont la vie doit être tellement hype vu l’activité de ses statuts : on se demande comment il fait pour être à Miami la veille et à Osaka le lendemain, mais bon.

La vantardise, c’est l’ornement chic de ceux qui s’imaginent qu’il est indispensable. On s’excuse, mais l’élégance, la distinction, elle passe avant tout par la new modesty (love you Karl), et le tuning, c’est toujours hideux, que ce soit sur Twitter, sur sa voiture, ou sur son look (sauf si vous voulez ressembler à une vamp).

En cinq points, comment appliquer la new modesty sur les réseaux sociaux :

1) Un gramme de chic n’égaye jamais un kilo de banalité. Vous connaissez la règle du caviar et de la boue. Surjouer le côté hype de sa vie est un jeu risqué. Quel intérêt de se prendre en photo avec des fringues équivalent au PIB du Nicaragua si vous habitez dans un 13m² avec un lit en mezzanine pour gagner de la place ? Pourquoi narrer la flopée d’opé auxquelles vous assistez grâce à votre blog, vos lunches-to-be avec les barons de la blogosphère si vous êtes présentement chômeur ? La tendance est un mode de vie et de consommation, pas un badge accroché au chandail.

2) Le web est une agora, pas une cour. A voir certains blogs et certains comptes Twitter, le contenu est désespérément vide, bloqué sur courant alternatif : un compte-rendu d’opé, une invitation VP, et de temps en temps un message d’excuse en forme de listes de courses pour se dédouaner d’être peu présent. « Mais que voulez-vous, j’ai fait tant de choses intéressantes ». Un peu de modestie impose de ne pas s’abaisser à solliciter les compliments flatteurs de ses lecteurs-adulateurs, mais de se remettre en question à chaque billet.

3) Démarque-toi ou passe ton tour. On ne va pas refaire le débat. Sur Internet, il y a les passeurs d’info, et ceux qui tentent modestement de produire de la valeur ajoutée. Ici, une règle : il n’y a pas de sujets du moment dont il faut parler, seulement des sujets du moment dont il faut parler et sur lesquels on a quelque chose à dire.

4) Show few, attend plenty. L’absolu du chic est de ne parler qu’au compte-gouttes de votre vie. Que représente pour vous une invitation en opé annonceur : un miracle inespéré ou une banalité quotidienne ? Soyons sérieux, qui tweete ses excursions à la boulangerie Eric Kayser ?

5) On n’oublie pas ceux qui savent se faire oublier. Avez-vous remarqué comme chez certain(e)s, le même événement peut-être pré-tweeté, live-tweeté, et post-tweeté ? A croire que l’égocentrisme pousse à vouloir attirer continuellement l’attention sur soi. Au final, ce n’est pas de l’admiration qu’on suscite, mais de l’empathie : mégalomanie mal maîtrisée égale confiance dans les chaussettes.

Et vous, vous êtes gros melon ?

Si j’arrive à faire des photos correctes, demain on va
causer de comment être hype en buvant du thé.

Photo FlickRTim Lawrenz

C’est ma première backlink-party…

Salut les potos,

Ça va bien faire six mois que ce blog existe, alors il faut que je vous entretienne d’un point pour votre éclaircissement personnel.

Y’a pas de sparadrap à liens sur ce blog. C’est chelou, t’as vu.

Il y a en fait une bonne raison à cela. Qui aujourd’hui consulte les blogrolls ? Personne pour ainsi dire. Elles n’ont jamais vraiment servi à grand-chose. Déjà que les liens dans les billets sont pas toujours cliqués, alors t’imagines une liste longue comme un jour sans pain de noms que tu ne connais ni d’Ève ni d’Angeli. Sans compter qu’il y a de gros vilains dans la blogo qui décident de partir un jour sans crier gare, laissant ta blogroll ressembler à la rubrique nécrologique de France-Soir si tu t’occupes pas de l’actualiser.

Et puis, deuxièmement, la plupart des blogrolls se ressemblent, tout le monde lit tout le monde, ce qui achève de donner un caractère über-sheepesque aux blogs, qui n’en ont décidément pas besoin…

Mais quand même, c’est toujours primordial de savoir si votre blogueur préféré (moi) n’a pas de vieux blogs moisis planqués sous son plumard, ça fait partie du jeu. Alors, plutôt que de faire une bête blogroll, je vais sélectionner quelques blogs que je lis régulièrement avec un petit commentaire. No offense, il n’y a ni ordre de préférence, ni mémoire absolue (ça va m’attirer des ennuis cette affaire) :

JulieBBG — Le blog de Julie est un joyeux bazar, comme j’aime. Ses billets sont toujours enlevés, j’ai toujours un point de côté quand j’arrive à la fin. Elle a raison, Julie : un billet de blog, ça doit être joyeux et jouissif, si ça traîne la guibole ça fait le même effet qu’un chandail Lyle&Scott qui se serait pris dans un grillage.

Anne de Chic&Geek — Rien que pour le titre. The Beauty And The Geek remixé version blog. Ça change des blogs uniquement girly. J’aime vraiment ces associations de prime abord improbable, mais qui se révèlent finalement une alchimie très intéressante. Une fille avec un tube de rouge à lèvres dans la main gauche et un Kindle dans la main droite, ça ferait un joli tableau de Marcel Duchamp. C’est un peu ce qu’on essaie de faire sur ce blog, mais version masculine.

Nekkonezumi — Nekkonezumi, d’après ce que j’ai compris, son métier c’est de pisser dans un violon au sein d’un orchestre. En v’là un chouette métier, c’est très barré. J’ai parfois du mal à suivre son cheminement sinueux, mais ses billets me font à chaque fois rire.

Marion — Marion réussit le pari d’écrire les billets que j’aurais voulu écrire, en parvenant à saisir le petit détail de la vie de tous les jours et à en faire un portrait haut en couleurs. J’envie sa capacité à trouver l’inspiration. Elle a bossé chez Elle ou quoi ?

Greg de Poke Me I’m Famous — J’aime bien les blogs très éclectiques par rapport aux blogs trop ciblés thématiques. Ça permet de mieux mettre en valeur la personne qui écrit plutôt que l’information produite.

Willou de WhiteBlog — Pour les mêmes raisons.

Ginie (et son paillasson) —Parce que j’attends de savoir si cet été elle nous fera un concours « Paie ta tong ».

Madame Kévin — Notre maîtresse à tous. J’aime beaucoup la manière dont elle conduit ses billets vers une chute improbable. Comparé au niveau intellectuel de ce blog, ça fait du bien de voir que le rose n’est pas toujours synonyme de vernis à ongles.

Ça va, j’ai de saines lectures en fait.

Ceux que j’ai oubliés, manifestez-vous !

Photo FlickRYoyolabellut