
Vous vous souvenez de Jack the Rabbit ? Quand Rosalie l’a vu, elle avait tout de suite flashé, un peu comme Madonna au Malawi. Ça avait fait tout un foin rapport qu’elle avait bourré les urnes avec les commentaires de ses copines qu’il avait fallu une commission de récollement.
Eh bien le Rabbit est arrivé de SexyAvenue il y a quelques jours, après moult péripéties.
Mais c’est pas tout ! Je viens aussi vous dire que dimanche là, faudra pas oublier de regarder Drucker, émission spéciale consacré à Jack the Rabbit. Eh ouais, c’est tout de suite je prends le melon parce que j’ai atterri dans une baraque de gens hyper trendy, celui-là. Laurent Boyer était sur les rangs pour faire un Frequenstar revival, mais on lui a dit : « Attends Lolo, je t’aime bien mais ton émission, c’est quand même so 1997 ». Comme je suis pas chien, je vous colle en exclu l’interview au format texte !
Michel : Bonjour à tous, bienvenue dans Vivement ton Manche. Aujourd’hui je reçois une star exceptionnelle : Jack the Rabbit, un parcours hors du commun, une destinée exceptionnelle. Alors Jack, j’ai envie de te poser une première question : il y a un an, tu penserais en être là où tu en es aujourd’hui ?
Jack : Merci Michel de me faire l’honneur de ta banquette rouge ! Effectivement cette année a été totalement dingue pour moi. J’ai pas encore assez de recul pour mesurer pleinement tout le chemin parcouru, mais j’ai conscience de la chance que j’ai eue.
Michel : Alors ton parcours exceptionnel commence sur une chaîne de montage en Chine, c’est bien ça ?
Jack : Oui, la Chine… Mes racines technologiques… C’est un peu la période bénie de ma vie, toute mon enfance… Ces gros vérins qui s’occupent de vous et vous nourrissent de petites billes, ces machines qui vous modèlent… Je crois que c’est de là-bas que je tire tout ce qui fait ma force aujourd’hui.
Michel : Et puis très vite, la solitude ?
Jack (prend un temps) : Oui. Une fois que tu sors de la chaîne de montage, on t’enferme tout de suite dans des petites cases, on te colle des étiquettes. Soit t’es la machine de guerre à plaisir industrialisé, soit t’es le petit engin tout rigolo à tête mignonne. Y’en a pour tous les goûts. Moi, ils ont décidé que je serais une machine de guerre, sans me demander mon avis…
Michel : C’est à partir de ce moment-là que tu as des envies d’ailleurs ?
Jack : Clairement.
Michel : Alors, quand le producteur de Sex and the City t’appelle pour des essais, tu fonces ?
Jack : Oui, je n’ai pas réfléchi une seule seconde. Dès que le téléphone a raccroché, j’ai pris ma valise, quelques affaires, et j’ai sauté dans le premier avion pour les Etats-Unis. C’était quand même la première nation pornographique à l’époque !
Michel : Avec le recul, comment tu analyses cette période-là ?
Jack : Je crois que j’étais un peu jeune, un peu naïf. Je pensais que tout Hollywood serait à moi. Je me voyais déjà partager l’affiche avec les actrices glamour genre Cate Blanchett ou trendy-bankable genre Zooey Deschanel. Mais avec Kim Cattrall qui jouait le rôle de Samantha, ça a été le déclic, il y a eu une alchimie incroyable entre nous, qui m’a convaincu que c’était là ma place, même si ça serait difficile.
Michel : Je crois qu’il y a quelqu’un qui voudrait évoquer avec nous cette période…
[Double porte plateau qui s’ouvre : OOOOOOH, Kim Cattrall en personne (oui bon). Je squeeze le passage, elle a fait que faire la promo de Sex and the City 2, cette grosse pouf]

Michel : Et puis du jour au lendemain, plus rien.
Jack : Non, le téléphone ne sonne plus, on ne vous propose plus rien, ou presque. On me proposait juste des duos avec Jenna Jameson ou Paris Hilton… La remise en cause a été dure, mais je crois que c’était un obstacle nécessaire qu’il me fallait surmonter…
Michel : Et puis un jour, alors que tout semble désespéré, c’est l’éclair dans le brouillard.
Jack : C’est tout à fait ça. Alors que tout allait mal, que j’étais en perte de repères, je reçois un coup de téléphone de Jules Überparisian, bien connu des milieux branchés parisiens, qui me dit de rappliquer illico mes oreilles à Paris. En temps normal, je n’aurais jamais suivi les ordres d’un tel inconnu, mais ce jour-là, au fond de moi, mon inconscient m’a dit de foncer, et je l’ai fait…
Michel : Et là, pour la première fois, tu découvres l’Europe, et la France. Tu peux nous en dire plus ?
Jack : Je n’arrive pas vraiment à Paris, mais plutôt au centre de tri de Pantin… (il s’arrête)
Michel : Ce sont des moments durs…
Jack (larmes) : C’est toujours difficile d’arriver dans un pays qu’on ne connaît pas, mais c’est encore plus difficile de subir un tel accueil…
Michel : Tu es victime de racisme ?
Jack : Pas vraiment. Ce sont plutôt des regards lubriques des employés du centre de tri. Des mains qui s’attaquent à vous, qui vous sortent de votre carapace de carton, qui vous touchent… [NB : Putain, le colis avait été ouvert, quoi !!!]
Michel : Et maintenant, quels sont tes rapports avec Jules ?
Jack : C’est vrai que quand je suis arrivé, j’avais une sacrée envie de casser la baraque. Je voulais m’investir totalement dans mon travail pour me sortir de cette mauvaise passe. Alors j’ai travaillé ce que je faisais de mieux — la vibration à toute vitesse de mes deux petites oreilles — pour le rendre encore meilleur. Mais j’étais loin de me douter que la France était un pays où l’on n’apprécie pas trop les gens qui se donnent à fond. Ça apparaît tout de suite comme du carriérisme mal placé…
Michel : Des rapports conflictuels ?
Jack : Un peu. Je crois que c’est une lutte de pouvoir, en fait. J’ai compris après coup que Jules m’avait embauché comme associé, et que devant mes performances il avait un peu peur de finir sur le banc de touche, comme disent les footballeurs.
Michel : Vous êtes toujours en froid ?
Jack : On arrondit les angles de jour en jour. Jules a sous-estimé mes capacités, ce qui l’a dérouté au début. Mais on apprend à s’apprivoiser…
Michel : Alors, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette nouvelle année qui commence ?
Jack : Que ce nouveau départ dans ma carrière ne soit pas qu’éphémère…
Alors on n’oublie pas d’allumer son téléviseur dimanche prochain !
A vous Cognacq-Jay, à vous les studios !
Photo FlickR — Practicalowl