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Trésor public

calculer ses impôts sur le revenu 2010

Salut les copains, ça fait une (bonne) paye qu’on s’est pas vus.

Je sais qu’en blogosphérie, quand tu fais le mort pendant une huitaine, c’est comme que si ton blog était mort. Je vous vois déjà vous réjouir que ça fait une place de plus au Wikio, un mec de moins à qui faire des backlinks. Mais non, je ne suis pas mort !

La vérité, c’est que cette semaine j’ai calculé mes impôts. C’est très drôle, en fait. Rosalie faisait ça en attendant que sa peinture des ongles de pied sèche et moi j’attendais qu’un truc décongèle.

Jusqu’à présent, Rosalie et moi, on était des fainéants de la chose fiscale. Les messieurs du Trésor Public ont bien compris que pendant les 3 premières années où tu travailles, tu as bien envie de brûler par les deux bouts tes 33K€ annuels. Du coup, les impôts, tu ne sais pas ce que c’est et tu préfères laisser les calculs à papa, et même à maman. C’est joyeusement déresponsabilisant : un coup de fil dominical à papa avec le salaire net imposable annuel, et hop c’est lui qui remplit. C’est quand même plus simple que de devoir s’acquitter de la grande frayeur fiscale : la déclaration de primo-accédant à la Grande Faucheuse de blé.

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Rosalie écrit au Premier Ministre

écrire au premier ministre

Monsieur le Premier Ministre,
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris

Objet : Arrêté de catastrophe naturelle

Monsieur le Premier Ministre,
(ou plutôt, « Chère Josette la secrétaire »)

Vous n’êtes pas sans savoir que ce week-end, une forte tempête a ravagé l’ouest de la France. Du genre de celles qui te réveillent en pleine nuit parce que ça souffle dehors. D’ailleurs (vous me pardonnerez de faire ma citoyenne modèle), je me demande combien l’UE a raqué pour trouver un nom de tempête aussi débile : Xynthia, je veux pas dire, mais même chez TBWA ils seraient pas capables de sortir un truc aussi naze.

Or, je vous ai vu dans la journée de dimanche sur le parvis de Matignon faire une annonce officielle. Vous avez notamment dit que les arrêtés de catastrophe naturelle seraient pris pour permettre aux sinistrés de faire leurs demandes d’indemnisation auprès de leurs assurances.

Ce à quoi je vous réponds qu’ici, à Paris, dans le Marais, la tempête, elle est aussi passée. Si si.

Figurez-vous que dimanche matin à l’aube (genre vers 10h, oubliez pas qu’il y a un décalage horaire chez nous autres, le dimanche : on petit-déjeune à 14h), une énorme bourrasque de vent mesurée par mon compagnon via l’anémomètre de son iPhone à 230 km/h (Putain Jules, t’es sûr que c’est crédible, là ?), a renversé mon palmier géant qui trône fièrement sur notre terrasse.

Nous avons dû subir les effets suivants :

  1. De la terre s’est échappée du pot et a dégueulassé le carrelage de la terrasse
  2. Deux feuilles ont été sectionnées par le joint de la gouttière murale
  3. Prise de panique devant l’urgence, je me suis précipitée chaussée de mes bottines en daim sur la terrasse afin de relever le palmier. Votre président, Nicolas le Jardinier, sait à quel point l’eau et la terre mélangées font des ravages. Flinguées, les bottines.

J’attire votre attention sur le fait que les 3 effets suivants sont constitutifs d’un préjudice qui, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État, est :

  • Direct (ça tâche, ça bousille)
  • Certain (j’ai les photos)
  • Évaluable en argent (vous savez combien ça coûte des bottines en daim Les Petites Parisiennes ?)

Naturellement, le lien de causalité entre le fait générateur et le préjudice ci-dessus est :

  • Immédiat (ça souffle, ça tombe, pas besoin d’être Hubert Reeves pour comprendre)
  • Adéquat (c’est une assez bonne idée pour une tempête de renverser des choses)
  • Exclusif de toute cause exonératoire par cas fortuit, fait d’un tiers, faute de la victime ou force majeure

Ainsi, je vous demande bien vouloir signer l’arrêté de catastrophe naturelle pour Paris IIIe. Mon intérêt pour agir n’est pas motivé par la seule quête d’indemnisation. Le fleuriste à côté de mon immeuble a perdu sa devanture en verre sous le vent. D’autres demandes devraient émaner du même secteur, vous convainquant de la nécessité à agir.

Car, quand même, ne l’oubliez pas, mes bottines sont irrécupérables.

Voilà voilà. J’imagine que ce recours gracieux restera lettre morte puisque vous n’êtes pas tenu d’y répondre favorablement. Mais, histoire d’être bien désagréable, je vous fait juste remarquer que je suis pas conne, et que je passerai au recours contentieux. PARCE QUE PUTAIN, MES BOTTINES ET MA TERRASSE DÉGUEULASSE, QUOI !

Vous voudrez bien trouver ci-joint le relevé des pertes subies et toutes pièces juridiques nécessaires.

En vous remerciant,

Rosalie Überparisian

(Presque true story)

Ça va être dur de plaider la responsabilité sans faute, mais y’a de l’idée.

Le Rabbit de Rosalie interviewé par Drucker [exclu]

Vous vous souvenez de Jack the Rabbit ? Quand Rosalie l’a vu, elle avait tout de suite flashé, un peu comme Madonna au Malawi. Ça avait fait tout un foin rapport qu’elle avait bourré les urnes avec les commentaires de ses copines qu’il avait fallu une commission de récollement.

Eh bien le Rabbit est arrivé de SexyAvenue il y a quelques jours, après moult péripéties.

Mais c’est pas tout ! Je viens aussi vous dire que dimanche là, faudra pas oublier de regarder Drucker, émission spéciale consacré à Jack the Rabbit. Eh ouais, c’est tout de suite je prends le melon parce que j’ai atterri dans une baraque de gens hyper trendy, celui-là. Laurent Boyer était sur les rangs pour faire un Frequenstar revival, mais on lui a dit : « Attends Lolo, je t’aime bien mais ton émission, c’est quand même so 1997 ». Comme je suis pas chien, je vous colle en exclu l’interview au format texte !

Michel : Bonjour à tous, bienvenue dans Vivement ton Manche. Aujourd’hui je reçois une star exceptionnelle : Jack the Rabbit, un parcours hors du commun, une destinée exceptionnelle. Alors Jack, j’ai envie de te poser une première question : il y a un an, tu penserais en être là où tu en es aujourd’hui ?

Jack : Merci Michel de me faire l’honneur de ta banquette rouge ! Effectivement cette année a été totalement dingue pour moi. J’ai pas encore assez de recul pour mesurer pleinement tout le chemin parcouru, mais j’ai conscience de la chance que j’ai eue.

Michel : Alors ton parcours exceptionnel commence sur une chaîne de montage en Chine, c’est bien ça ?

Jack : Oui, la Chine… Mes racines technologiques… C’est un peu la période bénie de ma vie, toute mon enfance… Ces gros vérins qui s’occupent de vous et vous nourrissent de petites billes, ces machines qui vous modèlent… Je crois que c’est de là-bas que je tire tout ce qui fait ma force aujourd’hui.

Michel : Et puis très vite, la solitude ?

Jack (prend un temps) : Oui. Une fois que tu sors de la chaîne de montage, on t’enferme tout de suite dans des petites cases, on te colle des étiquettes. Soit t’es la machine de guerre à plaisir industrialisé, soit t’es le petit engin tout rigolo à tête mignonne. Y’en a pour tous les goûts. Moi, ils ont décidé que je serais une machine de guerre, sans me demander mon avis…

Michel : C’est à partir de ce moment-là que tu as des envies d’ailleurs ?

Jack : Clairement.

Michel : Alors, quand le producteur de Sex and the City t’appelle pour des essais, tu fonces ?

Jack : Oui, je n’ai pas réfléchi une seule seconde. Dès que le téléphone a raccroché, j’ai pris ma valise, quelques affaires, et j’ai sauté dans le premier avion pour les Etats-Unis. C’était quand même la première nation pornographique à l’époque !

Michel : Avec le recul, comment tu analyses cette période-là ?

Jack : Je crois que j’étais un peu jeune, un peu naïf. Je pensais que tout Hollywood serait à moi. Je me voyais déjà partager l’affiche avec les actrices glamour genre Cate Blanchett ou trendy-bankable genre Zooey Deschanel. Mais avec Kim Cattrall qui jouait le rôle de Samantha, ça a été le déclic, il y a eu une alchimie incroyable entre nous, qui m’a convaincu que c’était là ma place, même si ça serait difficile.

Michel : Je crois qu’il y a quelqu’un qui voudrait évoquer avec nous cette période…

[Double porte plateau qui s’ouvre : OOOOOOH, Kim Cattrall en personne (oui bon). Je squeeze le passage, elle a fait que faire la promo de Sex and the City 2, cette grosse pouf]

Michel : Et puis du jour au lendemain, plus rien.

Jack : Non, le téléphone ne sonne plus, on ne vous propose plus rien, ou presque. On me proposait juste des duos avec Jenna Jameson ou Paris Hilton… La remise en cause a été dure, mais je crois que c’était un obstacle nécessaire qu’il me fallait surmonter…

Michel : Et puis un jour, alors que tout semble désespéré, c’est l’éclair dans le brouillard.

Jack : C’est tout à fait ça. Alors que tout allait mal, que j’étais en perte de repères, je reçois un coup de téléphone de Jules Überparisian, bien connu des milieux branchés parisiens, qui me dit de rappliquer illico mes oreilles à Paris. En temps normal, je n’aurais jamais suivi les ordres d’un tel inconnu, mais ce jour-là, au fond de moi, mon inconscient m’a dit de foncer, et je l’ai fait…

Michel : Et là, pour la première fois, tu découvres l’Europe, et la France. Tu peux nous en dire plus ?

Jack : Je n’arrive pas vraiment à Paris, mais plutôt au centre de tri de Pantin… (il s’arrête)

Michel : Ce sont des moments durs…

Jack (larmes) : C’est toujours difficile d’arriver dans un pays qu’on ne connaît pas, mais c’est encore plus difficile de subir un tel accueil…

Michel : Tu es victime de racisme ?

Jack : Pas vraiment. Ce sont plutôt des regards lubriques des employés du centre de tri. Des mains qui s’attaquent  à vous, qui vous sortent de votre carapace de carton, qui vous touchent… [NB : Putain, le colis avait été ouvert, quoi !!!]

Michel : Et maintenant, quels sont tes rapports avec Jules ?

Jack : C’est vrai que quand je suis arrivé, j’avais une sacrée envie de casser la baraque. Je voulais m’investir totalement dans mon travail pour me sortir de cette mauvaise passe. Alors j’ai travaillé ce que je faisais de mieux — la vibration à toute vitesse de mes deux petites oreilles — pour le rendre encore meilleur. Mais j’étais loin de me douter que la France était un pays où l’on n’apprécie pas trop les gens qui se donnent à fond. Ça apparaît tout de suite comme du carriérisme mal placé…

Michel : Des rapports conflictuels ?

Jack : Un peu. Je crois que c’est une lutte de pouvoir, en fait. J’ai compris après coup que Jules m’avait embauché comme associé, et que devant mes performances il avait un peu peur de finir sur le banc de touche, comme disent les footballeurs.

Michel : Vous êtes toujours en froid ?

Jack : On arrondit les angles de jour en jour. Jules a sous-estimé mes capacités, ce qui l’a dérouté au début. Mais on apprend à s’apprivoiser…

Michel : Alors, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette nouvelle année qui commence ?

Jack : Que ce nouveau départ dans ma carrière ne soit pas qu’éphémère…

Alors on n’oublie pas d’allumer son téléviseur dimanche prochain !

A vous Cognacq-Jay, à vous les studios !

Photo FlickRPracticalowl