Vis (et essaie de parler) avec elle
Vis (et essaie de parler) avec elle »

T’as beau faire tout ton possible pour être glamour all day long, tu ne maîtrises pas toujours la tronche que tu balances généreusement à toute l’assemblée. Par exemple, la nuit, tout emmitouflé dans ton sommeil cotonneux, tu réfléchis pas forcément à tes actions et tes paroles, et ça peut être dramatique. J’en connais qui la nuit se transforment en mutants incontrôlables.
Genre, Rosalie.
Vis (et essaie de parler) avec elle »

Salut les copains, ça fait une (bonne) paye qu’on s’est pas vus.
Je sais qu’en blogosphérie, quand tu fais le mort pendant une huitaine, c’est comme que si ton blog était mort. Je vous vois déjà vous réjouir que ça fait une place de plus au Wikio, un mec de moins à qui faire des backlinks. Mais non, je ne suis pas mort !
La vérité, c’est que cette semaine j’ai calculé mes impôts. C’est très drôle, en fait. Rosalie faisait ça en attendant que sa peinture des ongles de pied sèche et moi j’attendais qu’un truc décongèle.
Jusqu’à présent, Rosalie et moi, on était des fainéants de la chose fiscale. Les messieurs du Trésor Public ont bien compris que pendant les 3 premières années où tu travailles, tu as bien envie de brûler par les deux bouts tes 33K€ annuels. Du coup, les impôts, tu ne sais pas ce que c’est et tu préfères laisser les calculs à papa, et même à maman. C’est joyeusement déresponsabilisant : un coup de fil dominical à papa avec le salaire net imposable annuel, et hop c’est lui qui remplit. C’est quand même plus simple que de devoir s’acquitter de la grande frayeur fiscale : la déclaration de primo-accédant à la Grande Faucheuse de blé.
Vis (et essaie de parler) avec elle »

Monsieur le Premier Ministre,
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 ParisObjet : Arrêté de catastrophe naturelle
Monsieur le Premier Ministre,
(ou plutôt, « Chère Josette la secrétaire »)Vous n’êtes pas sans savoir que ce week-end, une forte tempête a ravagé l’ouest de la France. Du genre de celles qui te réveillent en pleine nuit parce que ça souffle dehors. D’ailleurs (vous me pardonnerez de faire ma citoyenne modèle), je me demande combien l’UE a raqué pour trouver un nom de tempête aussi débile : Xynthia, je veux pas dire, mais même chez TBWA ils seraient pas capables de sortir un truc aussi naze.
Or, je vous ai vu dans la journée de dimanche sur le parvis de Matignon faire une annonce officielle. Vous avez notamment dit que les arrêtés de catastrophe naturelle seraient pris pour permettre aux sinistrés de faire leurs demandes d’indemnisation auprès de leurs assurances.
Ce à quoi je vous réponds qu’ici, à Paris, dans le Marais, la tempête, elle est aussi passée. Si si.
Figurez-vous que dimanche matin à l’aube (genre vers 10h, oubliez pas qu’il y a un décalage horaire chez nous autres, le dimanche : on petit-déjeune à 14h), une énorme bourrasque de vent mesurée par mon compagnon via l’anémomètre de son iPhone à 230 km/h (Putain Jules, t’es sûr que c’est crédible, là ?), a renversé mon palmier géant qui trône fièrement sur notre terrasse.
Nous avons dû subir les effets suivants :
- De la terre s’est échappée du pot et a dégueulassé le carrelage de la terrasse
- Deux feuilles ont été sectionnées par le joint de la gouttière murale
- Prise de panique devant l’urgence, je me suis précipitée chaussée de mes bottines en daim sur la terrasse afin de relever le palmier. Votre président, Nicolas le Jardinier, sait à quel point l’eau et la terre mélangées font des ravages. Flinguées, les bottines.
J’attire votre attention sur le fait que les 3 effets suivants sont constitutifs d’un préjudice qui, conformément à la jurisprudence du Conseil d’État, est :
- Direct (ça tâche, ça bousille)
- Certain (j’ai les photos)
- Évaluable en argent (vous savez combien ça coûte des bottines en daim Les Petites Parisiennes ?)
Naturellement, le lien de causalité entre le fait générateur et le préjudice ci-dessus est :
- Immédiat (ça souffle, ça tombe, pas besoin d’être Hubert Reeves pour comprendre)
- Adéquat (c’est une assez bonne idée pour une tempête de renverser des choses)
- Exclusif de toute cause exonératoire par cas fortuit, fait d’un tiers, faute de la victime ou force majeure
Ainsi, je vous demande bien vouloir signer l’arrêté de catastrophe naturelle pour Paris IIIe. Mon intérêt pour agir n’est pas motivé par la seule quête d’indemnisation. Le fleuriste à côté de mon immeuble a perdu sa devanture en verre sous le vent. D’autres demandes devraient émaner du même secteur, vous convainquant de la nécessité à agir.
Car, quand même, ne l’oubliez pas, mes bottines sont irrécupérables.
Voilà voilà. J’imagine que ce recours gracieux restera lettre morte puisque vous n’êtes pas tenu d’y répondre favorablement. Mais, histoire d’être bien désagréable, je vous fait juste remarquer que je suis pas conne, et que je passerai au recours contentieux. PARCE QUE PUTAIN, MES BOTTINES ET MA TERRASSE DÉGUEULASSE, QUOI !
Vous voudrez bien trouver ci-joint le relevé des pertes subies et toutes pièces juridiques nécessaires.
En vous remerciant,
Rosalie Überparisian
(Presque true story)
Ça va être dur de plaider la responsabilité sans faute, mais y’a de l’idée.







