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Sociologie de comptoir

Sociologie de comptoir »

[23 avr 2010 | 21 commentaires]

guerre pour choisir les parfums de yaourt parfum danette chocolat yaourt aux fruits taillefine

Pour savoir si un couple est fait pour durer, tu as 3 options : soit tu envoies COUPLE au 8 22 22, soit tu suis la théorie des vecteurs de la 400, soit tu appliques la théorie du choix des parfums de yaourt. Attention, c’est de l’axiome, c’est du fulgurant, si tu veux des développements, faudra acheter mon bouquin.

Qu’est-ce qu’il y a de plus clivant et de plus générateur de conflits dans un groupe social (amis, famille, couple) que le choix des parfums de yaourt ? J’ai cherché, y’a rien.

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[1 avr 2010 | 16 commentaires]

peur de l'engagement

Gaussez-vous, riez sous cape, marrez-vous comme des grosses loutres, je m’en fous.

Je suis atteint d’un syndrome particulièrement handicapant en milieu social : la peur de l’engagement. Vous allez me dire, c’est commun chez le mâle cette aversion pour les liens de toute sorte. Et vas-y que ça aime vivre en bohême jusqu’aux trente berges, tant que maman est là pour le logis et le blanchiment quand t’as pas envie de passer cent-vingt minutes au Lavomatic, et tant que papa est là pour faire à ta place tes démarches fiscales.

Sauf que, par je ne sais quelle mutation génétique, le virus a évolué vers une forme plus maligne. Et tu vas voir que dans certains cas, c’est franchement énervant au quotidien.

La carte. Rien que le fait de savoir que le choix de mon repas va être déterminant pour la satisfaction de mon estomac, m’angoisse. Que ce soit au restaurant ou à la supérette du coin, je suis toujours dérouté face au choix. Est-ce que j’aime plus le poisson ou la viande ? Est-ce qu’il faut manger froid ou chaud ? En cinq actes et trois heures sans entracte, mon estomac déclame des tirades cornéliennes au son des borborygmes, auxquelles répondent mes interrogations angoissées. Le corps, figé devant le rayon smoothies et soupes. Le doigt, fébrile, qui tente un plouf-plouf. C’est l’am-stram-gram. Par pitié, ne m’emmenez jamais chez MacDo.

L’achat. Le temple de l’indécision. Si les femmes voient mieux le monde perchées sur 5 centimètres de bonheur en talon, j’orchestre les plus grandes remises en question de ma vie dans les allées d’un magasin. Pourquoi, quand je cherche un jean, finis-je toujours par me dire que c’est le mauvais choix, et qu’il me faudrait plutôt un cardigan ? J’ai comme l’impression de projeter une relation avec les objets. Ils vont partager mon quotidien, mon intimité, je vais les formater à mes usages. Et s’ils ne me plaisaient plus ? Je devrais les jeter, les donner, les délaisser, quel gâchis… C’est sans doute pour cela que j’erre dans les rayonnages quatre ou cinq fois l’air de rien pour bien m’assurer de la validité de mon choix. Pour finir, après une demie-heure, par repartir sans rien quand il m’aurait fallu cinq minutes pour repartir avec quelque chose.

Le contrat. L’engagement par excellence. Quand tu contractes, vas-y pour te rétracter. Tu as toujours l’impression de te jeter dans la gueule du loup des steppes. Toi contre les services juridiques en contentieux ? Ça te fait saliver, les combat homériques… Alors, à 20 ans, j’ai mis plus de 6 mois avant d’avoir l’Internet dans mon logis, la faute à une surcomparaison des offres. Acheter un iPhone ? Là aussi, plus de 6 mois avant de se décider, le temps de comparer minutieusement les opérateurs et les offres. Puis, après s’être décidé, se laisser deux semaines pour mûrir son choix. Puis, tout remettre en cause pour bien vérifier qu’on a choisi ce qu’on voulait. Recommencer trois fois. Finalement, souffler un bon coup et se lancer en se disant que tout ira bien. Le lendemain, bien vérifier qu’on a 7 jours pour se rétracter.

Alors, vous comprenez bien que le mariage et les bébés…

Photo FlickREschipul