Archives » Sociologie de comptoir

Le Yalta de la meuf

Les grandes places de la négociation internationale ont bien changé, les amis. Aujourd’hui, les plus hautes décisions stratégiques ne se décident plus à l’ONU ni dans les conclaves du Vatican, mais dans nos salons. Et en l’occurrence, ce soir dans mon salon.

A l’heure où je vous écris, j’ai reçu de Rosalie un avis d’expulsion du domicile conjugal pour la soirée. Sans aucun préavis, sans aucune contestation possible. Pour un motif d’intérêt général : ce soir, des négociations au sommet vont se tenir parmi les hautes dirigeantes de la gent féminine, et la confidentialité exige que je ne sois pas présent.

De quoi vont-elles parler ? Des représailles sur la Libye ? Du désarmement nucléaire en Iran ? Du conflit israélo-palestinien ?

Pas du tout. Ce soir, c’est X Factor.

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3:AM

Samedi soir, en vadrouille au Scopitone, j’ai siroté fort longuement un gin tonic (à 13€ le gin to’, heureusement qu’ils mettent des pailles) sur du hip-hop West Coast nineties. Je préfère taire les errements deejay-istiques à base de Matt Houston (si, souviens-toi : « RNB 2 rue bouge tes seuffs, papy », so 2001) et de Zouk Machine, ce n’est pas le propos.

Sur les entrefaites de 3 heures du matin, quand tout le monde est gris, j’ai aperçu de drôles de comportements parmi mes congénères. J’appelle ça l’heure maudite.

Entre 3 heures et 4 heures du matin, c’est l’heure charnière de la soirée. Le DJ connaît une baisse de régime, la densité de gens joyeux est identique à celle du verre pilé au sol : faut-il rentrer se coucher ? faut-il aller en after ? faut-il rester ? Ce serait simple s’il y avait une réponse de groupe. Mais il y en a toujours qui font cavalier seul, d’autres qui sont partis pisser et se retrouvent abandonnés comme une grand-mère sur une aire d’autoroute, d’autres qui se sont faits emporter par la foule et jeter par la vague sur une banquette tout au bout là-bas et dont ils n’arrivent pas à décoller. La zone.

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Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger

Aujourd’hui, on va causer santé publique et faire remonter le niveau général de ce blog dans les hautes sphères des trucs sérieux. Je sais bien qu’il est socialement admis qu’une vie sociale réussie est une vie sociale qui traîne dans tous les bars à terrasses (ou non) du quartier dès que le soleil pointe le bout de son nez sans manteau brumeux, et qu’au pays de la vigne et du houblon, celui qui ne boit pas d’alcool c’est (un peu quand même) celui qui est relou.

Sauf que.

Au-delà des phénomènes d’accoutumance qui peuvent naître chez ceux qui se sont mis en tête de faire le comparatif de tous les mojitos de Paris-Ouest, une consommation régulière excessive, sans mener forcément jusqu’à l’ivresse, peut modifier les comportements et avoir des conséquences sur la santé à long terme.

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