Rue du temps suspendu

Les copains, aujourd’hui on va encore reparler boulot. Je sais, ça vire limite à la névrose obsessionnelle ce truc, mais je crois que c’est l’effet no holiday qui commence à me taper sur l’occiput. Enfin.

Dans la rue où je travaille, il y a un magasin très étrange. Une sorte d’échoppe 40′s, à l’époque où ils connaissaient pas les vitrines minimalistes genre Sonia Rykiel. Non, à l’époque ils peignaient directement ce qu’ils vendaient sur le mur. Comme ça c’était plus simple : si tu voulais diversifier ta marchandise, tu pouvais pas, ou alors fallait te coltiner l’effacement et le rafraîchissement du pinceau. Une boutique tout le temps fermée, spécialisée dans des alcools que presque plus personne ne boit, donc que plus personne n’achète. Ils sont tellement plus du tout up-to-date que le numéro de téléphone est encore à 8 chiffres.

Et puis en regardant les alentours, je me suis rendu compte que des boutiques aux numéros à huit chiffres, il y en avait une palanquée dans la rue. Comme si la voie s’était figée dans les années 70 grand max, à l’époque où tu pouvais encore espérer faire tourner une boutique d’accessoires pour l’alimentation électrique sans craindre la concurrence de Darty et Leroy Merlin. Aujourd’hui, la rue dans laquelle je passe tous les matins sonne creux, les rideaux de fer sont clos. Il n’y a plus qu’une annexe de quartier de la Croix-Rouge qui s’est installée dans le secteur. Ben ouais, elle a pas besoin de faire du fric, celle-là. Et des hôtels de quartier, beaucoup, parce qu’on est pas loin de Gare du Nord et de Gare de l’Est.

Mais cette rue, maintenant, elle est constellée de tournages de films. L’attrait des vieux pavés, du pont urbain en fer forgé et du square pas loin, sans doute. La dernière fois, c’était pour un obscur film d’auteur. Ça faisait bizarre de voir autant de camions tout blancs en pleine année 1974 (je rajeunis jusqu’à avant ma naissance tous les matins en passant dans le coin, c’est fou). Mais les premiers jours où je traînais mes guêtres dans le patelin, j’ai vu une vieille Peugeot 203 camel garée entre deux berlines. Comme ça, juste pour faire couleur locale. Encore un tournage…

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Un commentaire

  • 1
    20 août 2010 - 16 h 37 min | Permalink

    ne serait-ce pas:
    AUTeuil 42-16
    MOLitor 23-78
    TRInité 56-12
    ROQuette 28-43
    ORNano 93-00
    TURbigo 64-17
    ..?

    merde, on se croirait dans un roman de Modiano, avec toutes ces conneries

    (i’m loving it)

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