(Vallée) Village People

L’autre jour, un couple d’amis nous avise avec la Rosalie qu’il y a du bon plan du côté de chez Mickey. Des soldes monstres sur des produits déjà soldés, du corner qui a pignon sur rue dans la capitale, et la perspective de faire une virée autoroutière dans la Mercedes Classe A avant que tout le monde se casse pour la première quinzaine d’août, on a eu droit à tous les arguments. Le seul qui m’a convaincu, c’est celui sur la population du shoppeur là-bas, mais on en reparlera plus bas si tu cliques sur « Lire la suite ».
Ignorance crasse ou marque de distinction, je ne connaissais pas Vallée Village jusqu’à cette proposition. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu. Par l’observation sociologique j’entends. Parce que niveau fringue, je savais que je n’y trouverais pas mon bonheur. C’est-à-dire que mes amis sont du genre à porter du Ralph Lauren et du Hackett. Tu vois pas qu’entre A.P.C. et la marque au joueur de polo, y’a quand même du sacré flottement dans le tissu. Vallée Village, c’est le paradis du regular fit. Et moi le regular fit, ça me fait ressembler à un sac de l’US Mail. Alors quand j’ai envie de me faire traiter comme un colis postal, je préfère encore réserver un vol sur Easyjet, au moins je vois du pays.
Mais venons-en à la sociologie.
Vallée Village donc, te propose de la marque hype à des prix indécents. Du Zadig, du Sandro, du Maje, du Comptoir, du Burberry, du Trussardi, du Agnès B., et j’en passe. Prix indécents parce que forcément, les pièces datent de la (avant) dernière collection, et qu’en plus deux fois sur trois ce qu’ils appellent « showroom » et « collection » sont juste des fonds de tiroirs raclés et entassés sur des étals. Ou l’impression d’aller shopper directement en sortie d’usine, on apprécie l’assimilation prolétarienne, hein…
A Vallée Village, tu t’attends donc à voir du banlieusard désargenté venant attraper la bonne affaire, Maryse (je rappelle que c’est à Val d’Europe). Eh bien que nenni Annie ! Il y a en fait deux profils types du shoppeur VV (on abrège maintenant, ça me brûle les doigts de l’écrire) : le koweitien et la racaille.
Le koweitien est venu en famille et en sandales. Comme tu peux t’en douter, Madame est voilée. C’est fou, car le koweitien est évidemment très riche. Mais apparemment, pas si riche que ça puisqu’il préfère taper son Burberry à 40% off the price plutôt que d’aller raquer rubis sur l’ongle boulevard Malesherbes. Ça doit être d’un relou d’avoir une fortune indexée sur les cours du pétrole…
Le koweitien (et la koweitienne), vont dans les grandes enseignes luxe. Maje beurk, Comptoir caca, Sandro vomito. En même temps, à quarante balais, on voit pas ce que Madame foutrait en sarouel. Par contre chez Ralph, chez Kenzo, chez Ferragamo, ça circule. Intéressant, il n’y a que les accessoires bling-bling qui trouvent grâce aux yeux de la koweitienne. Ma théorie c’est que quand t’es voilée, si t’as pas le it-sac, tu ressembles à pas grand chose. Même pas tu peux crâner avec tes Jimmy Choo.
La racaille, elle, est venue à plusieurs en RER. C’est un peu la sortie du samedi. Elle vient profiter des bonnes affaires pour aller chez… Calvin Klein et Dolce & Gabbana, et Guess pour les racaillettes. Des marques pas du tout vulgos, et encore y’a pas de Versace, sinon je te raconte pas les mouvements de foule. Pour bien m’immerger dans l’observation sociologique, je suis allé chez D&G. Awful. Le paradis du diamant dans l’oreille et du t-shirt Desigual.
Pour éviter la racaille, tu peux trouver refuge chez Dunhill. Même oversoldé, ça reste bien trop cher pour elle. Le bonheur du magasin vide, c’est un argument de vente rudement bien pensé, et je soupçonne certains corners d’avoir étudié savamment leur emplacement pour apaiser les snobs qui patrouillent dans le coin.
Bilan des opérations, j’ai shoppé un pull Hackett histoire de et deux caleçons. Y’a pas, si j’étais pas sociologue de comptoir, j’aurais passé une après-midi de merde.





5 commentaires
un de tes meilleurs billets depuis longtemps :
Alors quand j’ai envie de me faire traiter comme un colis postal, je préfère encore réserver un vol sur Easyjet, au moins je vois du pays.=>énorme.
(enfin en cas de grève tu vois toujours Beauvais, c’est déjà pas si mal)
La koweitienne a toujours un sac ultra clinquant, ultra brandé, c’est la seule fantaisie qu’elle peut se permettre, avec les pompes (mais elles ne se découvrent que quand elles marchent)
Bon, bah c’est toujours ces personnes en moins sur les Champs, hein
@Miss400 : Quoiqu’au Printemps, elles essaient aussi de la lingerie Dior !
@Anna : Détrompe-toi, avec le RER A, ils y sont direct !
Euh c’est mon premier passage sur ce site, comment dire, c’est vraiment de la sociologie de comptoir, parce que sinon je t’aurai tres vite conseillé de changer de métier!
Si tu regarde bien sur la photo, ya certes une racaille (ou pas) et une koweitienne (ou pas) et au moins une vingtaine de bons gaulois, bien de chez nous, donc bon, affirmer qu’à vallée village il n’y a que des racailles et des voilées c’est un peu limite, mais passons, pas envie de polémiquer dessus plus longtemps…
Sinon félicitations pour ton pull hackett et tes 2 calceçons ><
En espérant te relire dans d'autres breves plus intelligentes que celle-ci!
amicalement :)