Chirashi mon amour

Salut les tanches,
Ça fait pas mal d’années déjà que j’ai troqué une à deux fois par semaine un boudin-pommes contre une parure de lit en thon rouge sur grains de riz et que mon menu hebdomadaire s’est enrichi à la cuisine jap. Bon, depuis l’autre jour et ce reportage sur Canal+, j’ai vaguement l’impression de porter la responsabilité d’un génocide animalier. C’est vrai que nous autres, les Occidentaux, on a un peu pas compris le concept du sushi : on a l’impression, demeurés que nous sommes, que les Japonais en mangent tous les jours ; or, que nenni. C’est con, un Occidental, quand même : j’imagine que ça croit aussi que les gens du Maghreb mangent du couscous tous les jours. Mais faut dire qu’en matière de poiscail, c’était plutôt la jachère, côté papilles. Je confesse faire partie de la génération Croustibat, qui a accueilli le sashimi en libérateur.
Sauf que faut pas nous prendre pour des ablettes.
Chuis pas aventurier du menu midi. Après une errance de quelques années, j’ai décidé arbitrairement de jeter mon dévolu sur le chirashi. Est-ce le bol, qui te donne l’impression de sortir du côté cantoche ? Est-ce la totale liberté de te faire tes propres bouchées, tantôt poissonneuses, tantôt céréaleuses ? Est-ce l’aspect esthétique du plat, qui me rappelle un peu le Dormeur du Val ? Le chirashi, pour les bourses en délicatesse, c’est un peu, aussi, le meilleur rapport qualité/prix (mais ce n’est pas la question) (puisqu’on vous le dit), même si tu fais le fou en t’aventurant dans le chirashi royal. Quand tu le manges, le chirashi, c’est fort pratique avec tout ce riz collé : yaka piocher dans le bol.
Sauf que faut pas nous prendre pour des gardons.
Depuis quand on sert les chirashi dans des BARQUETTES ?
Le chirashi en barquette, c’est l’anti-chirashi par essence. Ton tapis de riz se transforme en mince carpette. Résultat : ce qui fondait jadis dans la bouche devient fadasse. Le poisson prend le dessus sur le riz, le ying sur le yang, que sais-je encore. Pire encore, essaie seulement de faire des bouchées correctes quand ton lit de riz vinaigré fait moins de 2 centimètres de haut. Je suis pas manche du chopstick, mais sérieux, la dernière fois que j’ai essayé, mon bureau ressemblait à Kobe après un séisme. Next.
Je m’énerve pas, j’explique.
Photo FlickR — Kennymatic





6 commentaires
Je t’avais prévenu, si tu mangeais du poisson, j’appelais Nicolas Hulot et Yann Arthus Bertrand. Là tu ne me laisse pas le choix. :)
Avant que j’appele, tu m’en donne un peu de ton chirashi?? ça à l’air trop bon. :)
mon poussin, Chirashi mon amour, c’est grandiose. Marguerite s’en retourne de bonheur dans sa tombe.
Sens toi apaisé, puisque j’ai découvert il y a quelques jours (après des années d’abstinence de shushis-shashimis-chirashis thon de militante greenpeace que je suis) que le thon rouge servi dans la japonais lambda n’était pas du thon rouge. Mais du thon albacore (rouge aussi quand cru), 4 fois moins cher et qui fait bien la blague sur nos papilles de néophytes occidentaux.
Le chirashi est aussi ma japoniaiserie préférée, on est d’accord.
Le resto/menu type du japon est en effet soit le Lamen, soit le soupe miso-salade hachée-assiette avec poisson grillé, tofu et algues.
10 jours à Tokyo et Kyoto, je n’ai pas croisé un seul resto de shashimi.
T’en fais pas, tu n’as jamais eu à souffrir l’oeil furieux d’une miss400 dans un japonais alors que tu venais innocemment de commander un carpaccio de thon rouge qui te jette à la face lorsque tu lui propose altruistement de goûter un « non, je ne mange pas de thon rouge, c’est une espèce protégée »
La digestion a été très difficile après ça.
@ miss400 : c’est du thon pas rouge et tu ne me l’as pas dit avant ? C’est pas sympa…
@Eric : Ha ha, tu veux me dénoncer mais picorer en loucedé. Hypocrite !
@Miss400 : De toute façon, sur Paris, on sait pertinemment qu’on mange du faux-sushi. Par contre, les lamen sont souvent excellents, surtout rue Sainte-Anne !
@Une Blonde : Y’a le sushi de boeuf, sinon…
rue sainte anne j’y allais à 25 ans. faut aimer la graille. Depuis j’ai trouvé zi adresse à lamen. Ailleurs.
Si t’es sage, un jour avec la Blonde, on te sortira.