Famille, je vous haime

Salut les poulets (enfin, les chapons)
Me voilà revenu de mes agapes où qu’on a des cadeaux, avec déjà 1kg en plus sur la balance. Cette précision introductive du gras qui s’accumule subitement suffit à justifier le mood un peu bad du billet. Tiens, tant que j’y suis, je digresse : profitez des derniers moments pour dropper à mort des mots en anglais, parce que la Commission générale de terminologie et des néologismes s’est réveillée face au tsunami des machins deuxpointzéro. Et vu les substantifs dont elle veut nous affubler, autant réitérer le coup du je grille vingt cartouches entre le 29 décembre 2007 et le 31 décembre 2008 à cause de l’interdiction. Voilà, maintenant on passe aux choses sérieuses.
Comme beaucoup, je suis de ceux qui passent Noël avec la famille, le jour de l’an avec les amis (qui sont une seconde famille, comme quoi tout se tient). Je suis aussi de ceux qui sont plutôt aoûtiens, voire septembriens, plutôt que juillettistes, mais ce n’est pas le propos. Et comme chez beaucoup de personnes, Noël c’est un peu le moment du pugilat annuel à coup de pinces de homard. C’est que faut les comprendre, on se voit qu’une fois l’an, alors Noël comme fête familiale, on repassera : plutôt que de faire la fête en famille, on fait lui plutôt sa fête, à la famille.
Or donc, pour fêter l’arrivée de Jésus dans la crèche (putain, quand je pense qu’avant de naître, il a déjà une place réservée à la crèche, ça donne envie de procréer à Nazareth, moi je dis), je me suis retrouvée dans la grande banlieue parisienne, aka la Bretagne sud. Alors j’en vois qui rigolent dans le fond : NON, la Bretagne, ce n’est pas la province. J’en veux pour preuve l’hallucination pommesque qui fut la mienne en m’apercevant que le train blindé regorgeait de Parisiens surconnectés. Alors que si tu vas à Châteauroux, par exemple, l’hallucination est inexistante. Dont acte.

Quand je dois aller voir la famille, c’est un peu toujours la même sinécure : je me retrouve à jouer les colons façon Tintin au Congo. Et ramène-moi du thé Mariage Frères, toi le Parisien. Oh, tu peux passer chez Uniqlo m’acheter un gilet, toi le Parisien ? que demande l’ado boutonneux du côté du cousinage (engeance tardive, on s’excuse). C’est vrai qu’il est bon, le caviar Fauchon ? demande le tonton. En échange, on bourre pendant la nuit ma valise de foie gras maison et de Ruinart millésimé. C’est un peu le commerce triangulaire revisité, en somme.
Heureusement qu’il y a le cousinage. Je l’aime bien le cousinage, malgré la grande différence d’âge, il rend Noël très sympathique, et rien que pour ça je suis bien content d’y aller. Le cousinage croit encore au Père Noël, ce qui est somme toute assez bienvenu pour chausser le sapin : pourquoi qu’il aurait pas droit à ses Louboutin lui aussi ? Le cousinage, il est à un âge où entre le homard et la poularde il veut sortir de table pour aller jouer, et faut avouer que si parfois on pouvait sortir de table pour aller jouer, ça permettrait de ne pas participer à certaines discussions. J’peux pas, j’ai Puissance 4.
Le cousinage, il dort la nuit du 24, et aux aurores du 25, il fonce déchirer ses paquets cadeaux. Parce que le cousinage, il a des cadeaux à ouvrir. Le cousinage, il a des parents qui ont compris l’esprit de Noël, la joie d’offrir des cadeaux, même si ça demande du temps, même si c’est stressant, tout ça. Finalement, quand tu te retrouves avec ton chèque à trois zéros « pour t’acheter ce que tu veux », juste tu ris jaune. Merci papa, merci maman.
Rosalie n’a guère été mieux lotie : elle a réussi à paumer Ti’ Couss’ dans un hôtel en Bourgogne. Vingt-cinq ans d’âge, le truc en peluche. Une passion fusionnelle entre eux. Un rapport privilégié au moment de Noël. Tout ça pour quoi ? Pour finir esseulé dans un vieux couvent réhabilité.
Ça résume un peu l’esprit de Noël, je crois.
Bon, faudrait pas croire à la dépression pré-post 2009, hein.
Demain, on revient avec un bilan de santé sur ce blog et les
prévisions blogo pour 2010, et après-demain je sauverai
votre réveillon du 31 avec Marion.
Photo FlickR (en haut) — Alles Schlumpf





6 commentaires
et le pire est qu’en vieillissant, on se dit que notre moitié d’amour saura, elle, chiner puis dénicher le cadeau ultime qui résumera à lui seul l’esprit de noël, oué, ben dans tes rêves !
Qui c’est qu’à eu droit à son 112 e « bon pour » (ok avec des sous dedans pour faire passer l’amère pilule) hu ?
Allez, joyeuses fêtes de fin d’année, je te laisse, j’ai un Pong à terminer
(et vire moi ce gris clair dans les coms, steuplait, à moins que ce ne soit l’anti captcha des presbytes post quarantenaires ?)
La peluche aura une belle fin de vie noyée dans du Puligny Montrachet… je commence à croire que je suis une martienne qui a beaucoup aimé son Noël… c’est encore meilleur ! (tu me ramènerais un gâteau de chez Hermé? Je t’apporterai du foie gras de chez Samaran)
Je me retrouve beaucoup dans ton article… Merci !
va falloir réviser ta géographie, mon cher Jules, rapport que le grand paris sarkozyste c’est jusqu’à Rouen, donc jusqu’en Normandie, et que ta bretagne restera le trou du Q de la France, point barre.
Quoi? (comprends-moi, mes racines sont en Normandie, un vieil atavisme anti-Breton).
Entre ta fascination pour le billet Nounou et ton allusion aux places en crèche, moi je dis que tout ça ça cache kekchoze.
Enfin.
A bientôt.
@Dom : Ah ça, les bons, c’est la fausse bonne idée… (t’arrives pas à lire avec le gris clair, c’est ça ?)
@Nekkonezumi : Au moins Ti’ Couss’ est bien entouré, là où il est, il n’est pas vraiment abandonné…
@Coriolis : Merci !
@Miss400 : Tu as raison, je crois que je suis enceinte…
Et le chapon dans tout ça, Il était bon?
Farci? Nature?
T’es de ceux qui font huitres et foie-gras? Ou juste foie-gras? Huitres et homards peut-être?
Et en dessert: buche glacée ou buche pâtissière? Faite-maison ou boulangère?
Merde Jules, l’année prochaine sois plus précis siteuplé!