L’angoisse du premier cadeau

Ho ! Ho ! Ho !
Quand tu commences à dater une personne, il y a une source d’angoisse majeure : l’arrivée du premier cadeau. C’est qu’on dirait pas, mais offrir un cadeau ne se résume pas à aligner les ronds sur le chéquier ou à dégainer la Gold. C’est plus que ça, c’est carrément une porte ouverte (bordel, fait froid !) sur ton intimité.
Je me rappelle d’un article sociologique dans un vieux Télé Loisirs (lol) qui disait en substance qu’on reconnaît sa proximité avec les gens à la façon dont on leur offre un cadeau. Tu te sens coupable vis-à-vis de l’autre ? Tu compenseras par un cadeau géant, complètement disproportionné par rapport à l’occasion. Tu te sens inférieur par rapport à l’autre, limite dépendant ? De même, tu miseras tout sur la valeur du paquet, et tu iras directement pécho la paire de Gaspard Yurkievich en magasin plutôt que sur Vente Privée (pour les retardataires). Tu préfères lui offrir de l’argent ? Tu te soustrais au processus de don/contre-don. Tu ne sais absolument pas quoi acheter à l’autre ? C’est peut-être que tu ne le connais pas assez…
C’est toujours éminemment problématique de se retrouver avec l’angoisse du premier cadeau. Quand il s’agit de Noël, l’angoisse est moindre puisque 1) on s’offre mutuellement un cadeau, donc tu peux toujours te comparer à l’autre, et 2) en général on s’offre les très beaux cadeaux aux anniversaires.
J’ai pas eu de bol : la première occasion avec Rosalie, c’était son anniversaire. Et de surcroît, Rosalie est née en septembre, et comme Clara Sheller, elle ne sait jamais ce qu’elle veut parce que ses parents ont toujours été trop stressés par la rentrée des classes pour lui offrir une grande fête d’anniversaire.
T’as pas intérêt à te gourer ou je te largue.
J’fais monter la pression.

Photo FlickR — Ed Wohlfahrt
Alors, j’ai bien réfléchi, et il y a en fait plusieurs manières d’aborder le premier cadeau.
1) Allô Clémence ? Pour Rosalie, je n’ai pas hésité : « Allô Clémence ? ». Se renseigner auprès des amis proches de l’autre est encore le meilleur conseil possible, surtout lorsque l’occasion se présente très tôt dans la relation. Avec un écueil : choisir un cadeau tellement conforme aux goûts de l’autre qu’il en devine la supercherie. L’art consistera a posteriori à nier toute aide extérieure pour s’attirer tous les mérites.
2) Casseroles vs. chaussettes. L’avantage de la répartition sexuée des cadeaux, c’est qu’on va droit au but. Si les filles commencent à ne plus aimer les chaussures et les garçons les jeux vidéo, nos repères s’écroulent. Pour les plus anxieux, le combo grand magasin + conseil du vendeur/vendeuse aura quelque chose de rassurant.
3) No drama. Dédramatiser le processus peut permettre aussi de casser les codes. Et si on n’attachait pas d’importance au premier cadeau ? C’est d’autant plus facile que la relation n’a pas encore pris une épaisseur suffisante pour y attacher de l’affect. Mais ça peut aussi être une soupape de décompression pour prévenir les déceptions dues aux cadeaux foireux. Pourquoi ne pas offrir à chaque fois un beau cadeau et un cadeau un peu plus WTF. Tiens, ça tombe bien, je songeais à acheter un balai à chiottes à Rosalie (rapport qu’on a déménagé, si tu suis). Philippe Starck en a sorti des sympa ?
4) Risky business. Allez, on joue le tout pour le tout. On sort des sentiers battus, on tente le cadeau personnalisé en se remémorant tous les petits bouts de souvenirs, de goûts, d’influences, d’admiration, on met tout dans le blender à idées et on va chiner dans les magasins tendance. C’est un peu quitte ou double entre le cadeau qui ravira et celui qu’on vomira, mais il faut aussi passer par-là, surtout pour l’homme. Quand vous l’offrirez, tendez bien l’oreille pour discerner le « Hiiiiii » du « Ahhh ».
5) C’est la bonne. Un sac à main ? Trop commun. Clémence ? Pas besoin. Vous connaissez suffisamment bien l’autre pour lui faire un cadeau conforme à ses goûts, un poil original sans être complètement recherché, et sans que ça vous prenne des demi-siècles de réflexion profonde. Pas de doute, si Cupidon vous tire par la bride, si un petit vent porte vos pieds en deux temps trois mouvements à l’endroit convoité, c’est que votre relation est au beau fixe, pas de nuages à l’horizon. Faites juste gaffe, l’amour rend aveugle : la lingerie ou le vibro sous le sapin après 3 mois de relation est peut-être un poil enthousiaste.
Bonus track. Le cadeau peut aussi être un formidable moyen de pression qui déleste celui qui offre de toute la chape de plomb qui pèse sur lui, retournant complètement le rapport de forces. Je vous laisse méditer cette phrase de Rosalie un jour : « Si tu me fais chier, je t’offre du Audigier ».
Photo FlickR (en haut) — McLoy





Bah alors, bizarrement Jules, chez moi l’angoisse va en s’intensifiant.
C’est à dire que plus tu es censé connaître la personne, plus tu stresses que ton cadeau ne corresponde pas aux attentes pourtant supposées connues.
Cette phrase ne veut rien dire. Au revoir.
Coté sac, c’est imparable, ça marche à tous les coups, surtout pour les femmes. Quand je dis sac, c’est de marque bien sur.
Quelle femme résiterai à un sac Chanel????
J’adore la menace de Rosalie. :)
Et la boule à neige ?
Bizarrement il y a des gens à qui tu sais direct quoi offrir. Et d’autres..; pouaaa la galère !
Fin bon, j’aime bien ton petit guideline, je vais transférer l’URL au Garçon
(après ya un autre problème: la fille est une emmerdeuse compliquée qui veut pas de cadeaux > moi)
Et sinon tu abordes pas un point qui me semble pourtant crucial: à partir de quand décide t on d’offrir un cadeau ? Un mois ? Deux mois ? Et quelle valeur selon l’ancienneté de la relation ? Hm ?
Si tu vivais dans « Twilight », tu aurais pu lui suggérer cette grandiose phrase: « Mon plus beau cadeau c’est de te voir respirer » (arf!)
Quand le destinataire du présent est un(e) proche, voire très proche, on se trompe rarement, si?
@Matskvg : Ouh là, t’es chelou, toi !
@Eric : C’est une solution de facilité qui peut rassurer, comme les chaussures.
@Madame Kévin : Qué boule à neige ?
@LaNe : Ah bah, si l’anniversaire tombe une semaine après le premier bisou, il faut quand même offrir quelque chose, tiens !
@Nekkonezumi : Si on ne sait pas quoi offrir à ses parents ou à ses frères et soeurs, c’est qu’il doit y avoir un problème, non ?
pour une femme, qui sait écouter l’homme avec un air mi-passionnée mi-absorbée comme sa maman le faisait (sous peine de rester célibataire ad vitam), il suffit de piocher dans les 100 indices glanés ça et là dans ses monologues…
pour un mec, qui n’écoute rien, forcément, c’est plus compliqué
T’aurais vu le premier cadeau que m’a offert le coloc’ !!! Une vraie cata !
Il aurait bien eu besoin de ces conseils
Mon ex m’avait offert des un pull tricoté par sa mère. On avait 26 ans, hein, pas 14.
@Miss400 : Comment ça les mecs n’écoutent rien ??
@Anna : C’était quoi ? C’était quoi ?
@Ginie : Ah oui, quand même… Pull jacquard ?
Ha! Les cadeaux! Je vais me tirer une balle et je reviens, mon homme a tout bonnement zappé mes deux derniers Noël et anniversaires. Tu mets ça dans quelle catégorie?
T’as le droit d’insulter :-)
Aïe, je suis du genre à rester dans les standards par peur de faire un faux pas… Ca se soigne ?
[...] compris l’esprit de Noël, la joie d’offrir des cadeaux, même si ça demande du temps, même si c’est stressant, tout ça. Finalement, quand tu te retrouves avec ton chèque à trois zéros « pour [...]
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Mais quand même je l'ai vachement customisé