On plie les gaules (sociologie inside)

Dimanche, avec Rosalie, on a emballé tous nos souvenirs dans des cartons de chips Vico et on a décarré des Batignolles. Ah crotte de bique, y’aura plus les brunchs dominicaux rue Truffaut. C’est Eamimi qui va sombrer en dépression, elle qui faisait des Hiiiiiii parce qu’on était voisins et qu’il fallait qu’on se bourre la panse au quinoa bio…

Mais attends, copain, maintenant on crèche dans les arrondissements à un chiffre. Ça fait bizarre, je dois vous l’avouer, de sortir de dessous la terre le matin pour aller gagner sa croûte (pas de bol, j’aime que le pain de mie) et de pouvoir cracher ses noyaux de pêche dans tout le Marais (j’ai atteint le musée Picasso, record personnel).

Mais c’est pas de ça que je vais te causer en ce mardi bien terne. Non, je vais te raconter le déménagement.

Bon, je passe sur les conditions atmosphériques à pas mettre un Laurent Cabrol dehors : il pleuvait, il ventait, il froidait, c’était un peu Quiberon-sur-Seine. Forcément, un déménagement en plein soleil, c’est une légende urbaine, tu penses bien.

Et puis c’est pendant ce déménagement que je me suis rappelé mes déménagements précédents. Et faut que je vous dise, les copains, que les déménagements ont une haute valeur sociologique (encore de la sociologie de comptoir ? Eh ouais).

Je crois qu’on n’est jamais autant hypocrite que pendant un déménagement. Au départ, tu commences gentiment par écluser tout ton répertoire d’amis pour leur proposer gaiment la chose. Naïf que tu es, tu t’imagines que tout le monde va sauter de joie à l’idée de crapahuter dans tout Paris avec ton piano à queue et tes 39 valises de fringues. Tu essaies de détendre l’atmosphère en promettant des cocktails, des photos, et une ambiance bon enfant histoire de faire passer la pilule. C’est un peu comme si tu allais payer tes impôts en dansant la lambada, quoi.

Photo FlickR Annie Roi

Que tu crois, qu’ils vont tous venir !

Alors, en désespoir de cause, tu te résous à l’impensable : recontacter tous les anciens amis du collège, du lycée, de la fac, les vagues connaissances, les copains d’un soir, les futurs-copains-si-tu-m’aides, pour venir transbahuter ton barda. Bravo Facebook, hein ! A quoi ça sert d’avoir ton millier de friends si au final tu te retrouves comme un gland assis entre tes assiettes triangulaires et ta collection d’Arlequin ?

Mais dans le même temps, le déménagement est un formidable indice sur la proximité que tu as avec tes amis. C’est étrange, mais c’est toujours dans les périodes d’enterrement qu’on se rend compte de qui est vraiment là pour toi : déménagement, enterrement de vie de garçon, enterrement tout court… En fait, les amis t’aident à mettre en bière (non je n’étais pas invité à la Grrr Block Party) ton passé et t’accompagnent pour aller de l’avant à toutes les grandes étapes de ta vie.

Genre, par exemple, y’avait aucun clampin qui m’a soutenu quand j’ai failli canner d’une ponction sanguine. Par contre, quand je vais rétro-consommer, j’ai du friend qui me colle aux boots. On peut dire qu’ils ont compris quel était le sens de ma vie, ceux-là…

Bon, avec tout ça, j’ai paumé ma brosse à dents, moi.

Je suis pas content, les copains, vous arrêtez pas de baver
sur mon blog depuis vendredi à vouloir la suite de l’histoire
avec Sophia. Ben de guerre lasse, je vous annonce que
c’est pour demain le deuxième épisode.

Photo FlickR du haut Ejouv

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17 commentaires

  • 1
    24 novembre 2009 - 19 h 12 min | Permalink

    C’est bien, les déménagements, on en profite toujours longtemps: en général au bout de trois ans tu retrouves encore des cartons dans les coins (tu as bien étiqueté celui du toaster, j’espère, croûtophobe?) Bon courage avec le déballage, je compatis. Même à un chiffre.

  • 2
    Marion
    24 novembre 2009 - 20 h 06 min | Permalink

    Tu peux aussi mandater une entreprise déménagement, tu sais.

  • 3
    24 novembre 2009 - 21 h 49 min | Permalink

    « on plie les gaules » : tu crois que ça fait CSP + ? :)

  • 4
    Coriolis
    24 novembre 2009 - 22 h 33 min | Permalink

    D’accord avec toi, c’est à ceux qui sortent les pires excuses pour ne pas venir qu’on reconnaît qu’ils sont pas de vrais amis…

  • 5
    24 novembre 2009 - 23 h 12 min | Permalink

    @Nekkonezumi : Ouais, je l’ai bien planqué, celui-là.

    @Marion : J’aime ton sens du pragmatisme.

    @Madame Kévin : Ah bon, je m’aurais gouré ?

    @Coriolis : Oui mais chut, je veux pas me froisser.

  • 6
    25 novembre 2009 - 0 h 14 min | Permalink

    J’ai une tête à manger du quinoa ?
    Ah tu sais pas on s’est pas encore vu.
    Bon ben non …. j’ai plutôt une tête à aller manger de la tarte au citron à meringue géante au Loir dans la Théière.

    Bon.
    (courage aussi pour le déballage, je te prête mon suédois ?)

  • 7
    25 novembre 2009 - 14 h 07 min | Permalink

    Je peux me tromper mais il me semble qu’il existe des déménageurs ultra compétents pour translater un piano à queue d’un point A jusqu’à un point B. Si, je t’assure, j’ai déjà essayé, ça marche bien (d’ailleurs ce jour-là, il faisait beau, tu vois c’est déjà un signe) après ce que j’en dis, hein, tu fais ce que tu veux.

    ps : ce matin, j’ai entendu dire que le déménagement faisait partie des expériences traumatisantes de la vie, au même titre que le décès ou le licenciement. Je me suis dit que ça apporterait une pierre vraiment primordiale à l’édifice de la sociologie

  • 8
    ZCC
    25 novembre 2009 - 14 h 28 min | Permalink

    http://www.youtube.com/watch?v=QMsb2mxraxk

    A méditer

  • 9
    25 novembre 2009 - 14 h 51 min | Permalink

    @eamimi : Après le déballage, y’a le rangement…

    @Blonde : Merci de ta contribution !

    @ZCC : Oui, c’est tout à fait ça.

  • 10
    25 novembre 2009 - 17 h 50 min | Permalink

    De rien, j’aime faire avancer le débat de façon constructive.

  • 11
    28 novembre 2009 - 0 h 55 min | Permalink

    Conclusion: les copains ça pue et on n’est jamais mieux servi que par soi-même!

    C’est parce que je vais avoir mes règles, t’inquiète pas.

  • 12
    3 mars 2010 - 12 h 04 min | Permalink

    j’avais zappé ce billet. Eh ben. On n’est même plus voisins pour la peine.

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