Ça picole dans les Grandes Écoles ?

(Photo — Maciej Dakowicz)
Sur Twitter, il passe de drôles de choses parfois.
L’autre jour de la semaine dernière du même mois que maintenant, j’ai ramassé un truc sur Twitter qué s’appelorio un article universitaire. Ouh là ! J’ai activé fissa la sécurité maximale de mon firewall, et j’ai chopé 3 Doliprane en prévision dans la pharmacie de l’open space. Et puis, comme le titre était lol et pas du tout estampillé « il y a moins de gens qui s’intéressent à ce sujet-là qu’au colloque sur le positronium de Leonard dans The Big Bang Theory », je l’ai lu. En entier, quoi, en entier !
Il s’appelle : « Rites scolaires et rites festifs : les “manières de boire” dans les Grandes Écoles ». Et non content de l’avoir lu, je vais t’en faire le résumé.
Le monsieur qui a commis cet article est un sociologue qui cherche à comprendre quels sont les rites de sociabilité dans les Grandes Écoles, en l’espèce SciencesPo, Centrale (école d’ingénieurs) et ESSEC, et notamment les rites dont l’alcool est au centre du processus. En recueillant plusieurs témoignages d’élèves et d’anciens élèves, il propose alors un parcours des différents week-ends d’intégration, soirées arrosées, etc. Je te colle du verbatim, en essayant de prendre celui qui fait le moins mal à la tête à chaque fois :
« A la morale ascétique prédominante en classe préparatoire va succéder en École une éthique hédoniste où la convivialité et la fête vont être d’autant plus valorisées qu’elles ont été longtemps exclues du champ des possibles. Dans ce cadre, le rôle de l’alcool devient central : le savoir-boire, la capacité à tenir l’alcool, à connaître les rites associés à sa consommation, seront ainsi les signes extérieurs, et plus encore les preuves tangibles de la nouvelle aptitude à la convivialité de l’étudiant en Grande École. »
« L’existence de campus de cette nature influe fortement sur les modes de convivialité : il rend tout d’abord possible, grâce au fait que les étudiants habitent au même endroit et disposent de multiples infrastructures, le développement d’une activité conviviale et festive très intense »
« L’abus d’alcool a dans ce contexte une double fonction ; il permet en premier lieu de désinhiber l’individu afin de lui permettre de transgresser les règles de conduite qui en temps normal s’imposent à lui ; c’est le cas en particulier des normes régissant la sexualité. Mais si l’abus d’alcool est un moyen au service de la transgression des normes, il est également une fin en soi ; il s’agit de dépasser les limites de ce qui est admissible en termes de consommation d’alcool, même dans un cadre festif ; jusqu’à s’exhiber, jusqu’à vomir – jusqu’à tout oublier… »

« Le Trophée-Ricard, ça se joue par équipes de deux, qui doivent courir sur cent mètres. Tous les dix mètres, il y a un serveur, et tu dois t’arrêter pour boire un verre de Ricard ‘cul-sec’, avant de repartir. Au bout de cinquante mètres, tu es relayé par ton coéquipier. Il y a les ‘qualifs’, les quarts-de-finale, la demi-finale et la finale … Donc, c’est sûr qu’arrivés en finale, les mecs ne courent plus très droit.. »
« “Danser”, “délirer”, “boire” : le triptyque pourrait certes décrire adéquatement les soirées de tous les jeunes Français. La singularité dans ces Grandes Écoles provient du fait que ces activités ne valent pas uniquement par elles-mêmes et par le plaisir qu’elles procurent : ce sont avant tout des symboles, des emblèmes porteurs de l’identité aussi bien du groupe que de l’ensemble des individus qui le composent. »
« À Sciences-Po, l’alcool et la fête ne tiennent pas comme dans les Grandes Écoles « classiques » une place fondamentale. On retrouve certes dans cette École les événements – week-end d’intégration, soirées, élection du Bureau des élèves… – qui scandent la vie étudiante de l’ESSEC et Centrale, mais dans un rôle beaucoup moins lié à l’alcool. Si les rites alcoolisés sont au cœur des week-end d’intégration de Centrale et l’ESSEC, il n’en est rien à Sciences-Po où ils se trouvent dilués dans l’ensemble des activités. »
Alors ça !
Comment ça, ça ne picole pas à SciencesPo ?? Il a fumé le sociologue ou bien ? Je me rappelle, les crampons moulés, que quand j’étais à SciencesPo Paris, on passait plus de temps au café ou dans les apparts surchauffés de chacun à boire qu’à aller cirer les bancs de la Péniche ! Et puis le Trivial Pursuit alcoolisé, je n’ai jamais rien vu de tel au week-end d’intégration. J’ai vu (et j’ai bu) de l’alcool, mais j’ai pas vu l’ombre d’un bout de camembert ! Par contre, des orgies dans les champs et dans les chambres, ça j’ai vu.
Je me demande d’ailleurs pourquoi l’auteur n’est pas allé s’immerger dans le CRIT. Le CRIT, c’est un espèce de grand tournoi sportif entre les différents SciencesPo de France où les épreuves sportives sont un peu le plus petit dénominateur commun pendant 3 jours… J’ai jamais vu autant de chambres d’hôtel retournées, de bouteilles vides par terre et de comas éthyliques que pendant le CRIT. Non mais c’est quoi cette réputation d’intellos sobres qu’on se traîne !
Heureusement que sur ce blog, on ne dit que des choses superficielles !





7 commentaires
Ils sont bons en picole dans les grandes écoles parce qu’ils s’entraînent pendant toute leur prépa, les pitchounets! (et c’est une voyeuse active qui parle …)
@Nekkonezumi : Ah ? L’article dit le contraire justement : ils s’abstiennent tellement en prépa que ça explose ensuite !
Je ne sais pas pourquoi, je doute que les soirées prépa (mention spéciale aux soirées Math Sup/Spé et HEC) aient beaucoup changé depuis les 90′s. C’était le bal des ambulanciers!
Jules lit des articles de socio… intéressant.
J’émets une autre hypothèse : ça picole autant à Sciences Po mais les stratégies de dissimulation sont plus habiles.
Ahhhh, le Crit, sans blague pourquoi il y sont pas allés?
Quoi que les Parisiens sont mauvais sur l’alcool au Crit :)
@Marion : Tu l’as fait en quelle année le CRIT pour dire des faussetés pareilles ?
mmm
2004 : Bordeau
2005 : Rennes
2007 : Grenoble
Et passage à celui de 2009 à Lyon, en tant que vieille conne