Elegance Academy #5 — Tenter une approche

Après les péripéties de la semaine dernière, que mon blog avait fait un malaise vagal, on reprend les bonnes habitudes. Aujourd’hui, pour l’épisode #5 de la première saison de How I Seduced A CSP+, on commence à rentrer dans le vif du sujet. Car oui, c’est bien joli de vouloir la séduire, la CSP+, mais si on ne l’approche pas, ça va être plus dur.

Première leçon, déjà : inutile d’espérer séduire une CSP+ par claviers interposés. Malgré sa dalle sentimentale, la CSP+ n’est pas sur Meetic. A l’extrême limite, elle a trouvé très drôle le concept d’AdopteUnMec, s’y est inscrite, mais a quitté très vite le site devant l’impossibilité masculine à comprendre le concept du « supermarché pour femmes ». Incroyable comme les hommes cherchent à baiser sur Meetic et à fonder un foyer sur AdopteUnMec !

De même, si par un heureux hasard tu as trouvé le nom de ta target à 50k€/annuels, par pitié, ne la googlise pas, et ne lui envoie pas de friend request sur Facebook pour pouvoir la poker. Tu feras plutôt un usage parcimonieux de ton MacBook, sous peine de passer pour le Goujat Pokeur de service.

Car, et c’est un heureux hasard, dans la vraie vie tu es bien souvent plus intéressant que derrière ton écran. Quand sur le pavé, chaussé de tes richelieu noir mat, tu salueras la CSP+, tu te rendras vite compte que tu ne lui diras pas « Kikoo sa va ? » ; quand tu essaieras de faire connaissance avec elle sur le zinc de Chez Prune, tu lui diras naturellement « Où habites-tu ? » et non pas l’abominable « asv ? ». D’ailleurs, tu oublies l’idée de demander son âge à la CSP+, car 3 fois sur 4 on lui rétorque : « Mais que fait une belle fille de ton âge comme toi encore seule ? ». Et tu as compris que le célibat de la CSP+ est un sujet plus délicat que le dopage sur le Tour de France.

Tu trouveras la CSP+ à plusieurs endroits différents : au bar (Chez Prune, La Perle, L’Alimentation Générale), au marché (rencontre furtive), éventuellement à la salle de sport, ou, sésame ultime, en soirée mi-pro, mi-perso. A chaque fois, plusieurs techniques d’approche différente.

NO WAY.

A la salle de sport, quand la CSP+ fait sa gym suédoise, il n’y a presque que des filles à côté d’elle. Tu comprends donc que c’est une invitation quasi systématique à aller voir ailleurs sous peine de passer pour un lourdaud stéroïdé. Parfois, elle s’autorise une petite séance de musculation pour raffermir les fesses et l’arrière du bras qui fait parfois « floc floc » quand elle le remue. D’ordinaire, la CSP+ ne transpire pas quand elle fait du sport ; il n’en reste pas moins qu’elle a quand même l’impression de ne pas s’être lavée depuis 3 mois. Seduction rate à zéro = approche vouée à l’échec.

En outre, à la salle de sport, il y a deux cas de figure : ou tes muscles font du saut d’obstacles quand tu remues le petit doigt, et dans ce cas tu es un douchebag (cf. lourdaud stéroïdé), ou tu es gringalet et blanc comme Michel du même nom. La CSP+ a donc potentiellement plus envie de regarder avec envie des corps huilés et des muscles qui roulent dans des t-shirts taille 12 ans, d’autant plus que ce n’est là qu’un plaisir visuel dénué de toute velléité de séduction. C’est sa PinkTV bi-hebdo, en somme. Mauvais plan, donc.

Photo FlickRFilou30

BE QUICK.

Le marché est un plan ambivalent. L’été, en Provence ou dans le Lubéron, tu peux oublier. C’est l’été, c’est « pas de séduction » (c’est un principe). Sinon, la CSP+ fait quelques fois les étals le dimanche, mais elle ne s’y attarde guère.

La CSP+ est fermée à toute approche lorsqu’elle s’approche du rayon boucherie : comment crois-tu que tu peux rester une femme du monde séduisante et bien mise quand tu discutes avec le boucher sur la taille de la saucisse ou que tu tâtes des saucissons pour savoir lesquels sont bien faits ? De même, il vaut mieux ne pas l’approcher lorsqu’elle a dans la main les choses suivantes : une courge (rapprochement d’idées embarrassant), de l’ail (pas over glamour dans la situation) ou un roquefort (idem). A EVITER : les approches basées sur des associations d’idées graveleuses. Si la CSP+ tient dans sa main une carotte ou un concombre, elle se passera bien volontiers de regards entendus.

Pas évident d’entamer une conversation au marché. Les poncifs arrivent bien vite : les OGM, le retour au vrai goût des fruits et des légumes, ah qu’ils sont bien ces écolos… On a vite fait le tour. Un bon plan toujours potable est d’échanger quelques recettes de cuisine ou d’accommodation : la CSP+ est toujours intriguée par les hommes qui font la cuisine et dont la créativité culinaire va au-delà du poulet curry-coco.

Photo FlickR — A Culinary Photo Journal

PRUDENCE.

Le bar est le lieu de toutes les perditions. Si tu as déjà approché la CSP+ et que quelque chose est possible, tu peux tout perdre en un rien de temps. Alors, plutôt que de risquer le black day en faisant tapis trop hardiment, il faut jouer de prudence : au bar, la CSP+ n’autorise pas le mâle à recaver.

Quand elle est au bar avec plus de 2 copines, c’est une soirée entre filles : dans ces conditions, le mâle est indésirable. Sauf le barman. Même théorie qu’à la salle de sport. A moins de 2 copines, la CSP+ est ouverte à toutes les rencontres. A EVITER : venir à autant de copains qu’elle a de copines + elle et s’asseoir à leur table. Même les marieuses qui cherchent à faire des packages rapides s’arrangent quand même pour que les relations amoureuses ne ressemblent pas à de l’emboîtage de Lego.

Le comptoir est le lieu privilégié pour tenter une approche. Il l’est d’autant qu’il n’y a pas de raccourcis à cet endroit-là du bar : tu prends tout de suite la température. Si la CSP+ te parle immédiatement de bébé et de mariage, c’est que tu es éconduit. Il te faut désormais te retirer avec classe et élégance (et surtout pas en beuglant : « De toute façon, t’es un boudin »). De manière générale, offrir un verre à la CSP+ est trop convenu pour que cela fonctionne. Si elle l’accepte, c’est par le méprisant plaisir de te vider ta CB.

Elle sera plus agréablement impressionnée par un commentaire éclairé sur l’ambiance musicale (surtout dans un club jazz), une réflexion sociologique sur la drague dans les bars ou le panurgisme effrayant de certains Parisiens dans les bars branchés.

Photo FlickR — Geir Halvorsen

THE PLACE TO BE.

La soirée est sans conteste l’endroit où la CSP+ est la plus abordable. L’endroit est toujours chic, la composition sociale homogène et upper-class, et chacun y vient pour se montrer, elle aussi. De base, donc, elle cherche le regard.

L’objectif est de paraître casual mais un peu professionnel. Si elle bosse dans la com’, la CSP+ appréciera tout particulièrement les plans drague à base de Twitter et de billets sponso, façon « on est dans la vraie vie mais on joue les geeks boutonneux et mal dans leur peau ». Si ça fait « dong » dans ta tête, c’est qu’il te faut une sérieuse mise à jour de l’Internet, et vite !

Pour intéresser la CSP+, inutile de la bassiner toute la soirée : dans ce genre de soirées, personne n’accorde plus de 10 minutes à quelqu’un qu’il ne connaît pas. Il y a trop de gens à voir, il faut que ça tourne : plus qu’à espérer que tu la recroises par hasard pour enclencher habilement de nouveau la conversation. A toi donc de compter aussi précieusement tes minutes et de jouer ce jeu sociologique de la réception mondaine où tu dois faire croire que tu t’ennuies pour être admiré. Fort de ce principe, tu banniras donc naturellement les mots « buffet » et « petits fours » de ton cerveau. Si tu croisais la CSP+ une serviette posée à plat sur la paume, remplie de petits fours, ou pire, collé au buffet à déterminer consciencieusement qui de la verrine de mousse betterave-canard ou du petit gazpacho de carottes au cumin tu n’as pas encore pris, ce serait immédiatement Next ! pour toi. Et c’est dommage.

La semaine prochaine, on cause Facebook !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

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9 commentaires

  • 1
    4 août 2009 - 11 h 29 min | Permalink

    Je confirme pour les soirées..

  • 2
    4 août 2009 - 22 h 44 min | Permalink

    @Madame Kevin : Tu peux apporter un témoignage ??

  • 3
    5 août 2009 - 14 h 40 min | Permalink

    Ca c’est de l’étude sociologique ou je m’y connais pas !

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